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Parsec Avenue - Chapitre 3

Dans le quartier de Parsec Avenue, la tension est montée d’un cran. Le meurtre de Deaj est vraiment sur toutes les lèvres. Là où ce lieu était quand même plus sécurisé que d’autres endroits de Coruscant dans la même situation sociale et économique, l’assassinat de la prostituée vient tout remettre en cause. Est-ce l’œuvre isolée d’un tueur impulsif avec qui la passe s’est mal déroulée ? Un acte prémédité par un dingue tapi dans l’ombre ?
Aux tables du Fan’Asy, chacun parle de ce qu’il sait, ou du moins de ce qu’il croit savoir. Les bruits et les rumeurs ont bien supplanté la vérité. Chaque coup de couteau planté dans le corps de Déjà est devenu un coup de griffe d’animal sauvage. Le corps éventré avec des organes rangés d’une certaine manière près du corps de la pute est devenu le carnage d’un monstre assoiffé de sang, venu faire un festin d’une pauvre fille des rues. Chaque mot déforme un peu plus la réalité et finalement, bien peu de paroles ont trait avec ce qui réellement passé dans la rue 39, la veille au soir.
Posé au comptoir du bar, Biug Ermere feuillette un journal qui évoque le meurtre. Un papier faisant davantage un bilan peu glorieux du quartier avec des activités peu ragoutantes comme la prostitution que la véritable explication d’un fait divers sordide. Rivé à son écran d’ordinateur, lisant tranquillement, Ermere n’écoute pas les dires des autres gens dans le bar. Il sirote tranquillement son alcool et entend chaque bruit derrière son dos, chaque commentaire et lève parfois les yeux pour apercevoir les résultats des courses de modules dans la galaxie. Même pas un crédit pour miser, peste-t-il ! Tout juste de quoi payer ses consommations, et heureusement que lire les journaux est gratuit ici.
-Tu crois que les flics vont l’attraper, ce salaud ?
-Penses-tu ! Juste bon à faire reluire un siège sous leur cul.
-Et ces foutus robots sans cervelle… uniquement des boites de conserve qui ne font que marcher sans rien voir. Nous ne sommes pas aidés, c’est clair.
Biurg a tout entendu. Il sent que le vent tourne. Un vent qui peut devenir tempête s’il est bien dirigé. Il ne manque que quelques ajustements pour que cette petite brise devienne un ouragan incontrôlable pour les forces de l’ordre et qui pourrait rendre service à Parsec Avenue puis permettre à Biug de s’élever, lui qui s’est fait à son sort depuis toujours mais qui maudit la Vie de l’avoir fait naître dans un trou aussi miteux et moribond. Etre un simple ouvrier lorsqu’il trouve de l’ouvrage, ce n’est pas ce que son ego lui dicte. Il se serait vu leader, lui qui sent une âme de chef bouillir dans son sang.
Un sang qui bout avec des bouillons plus énormes depuis la mort tragique de Deaj, une mort qui peut servir les intérêts d’une communauté et d’un homme en particulier.
Ermere comprend que les braises du mal-être sont prises et qu’il faut souffler dessus pour que le feu s’élève pour tout consumer. Parsec Avenue lui a pris son existence mais aujourd’hui, ce quartier mal famé va pouvoir le propulser vers autre chose de plus fort.
-Biug, toi qui a parlé à ce flic, tu y comprends quelque chose ? Aon Moora ne sait plus quoi penser avec toutes ces rumeurs aussi indigestes et compliquées les unes que les autres. Il est temps que quelqu’un ayant vu le corps de Deaj parle pour rétablir les faits.
-Bien sûr, fait Ermere. J’ai tout compris depuis hier soir et voir ce Rodien ce matin m’a persuadé que j’avais raison. Combien d’entre vous ont vu Deaj répandu sur le sol de la rue ? Qui était avec moi pour apercevoir ce malheur ?
Peu de mains se lèvent mais beaucoup de regards tombent vers les chaussures de leur propriétaire. Tout le monde sait qu’une fille a été ouverte comme un fruit mais qui était vraiment là pour voir la flaque de sang et les entrailles ?
-Hum ! Vous parlez donc tous mais vous vous basez sur des racontars. Et vous ne parlez que de la mort de Deaj sans voir plus loin. Vous ne voyez que ce qui se passe sous votre nez sans évaluer tout ce qui se déroule autour de nous et qui arrive dans notre quartier, au pas de nos maisons. Vous vous laissez berner par les beaux discours de la police mais depuis quand la police est-elle efficace ici ? Est-ce que vous vous sentez en sécurité ?
-Le quartier est chaud mais pas trop. Deaj, c’est juste un incident.
-Qui a cru bon de dire une énormité pareille, fait Biug. Parce que Deaj était une sœur pour nous tous, et nous la connaissions tous ! Ermere se lève et se dirige vers celui a dit cette triste phrase. Arrivé devant lui, il le fixe du regard.
-Tu crois que son destin était de finir ravagée sur le sol d’une rue infecte à faire le tapin pour survivre ? Tu dis que c’est un incident mais si c’était ta mère, ta femme ou ta fille qui avait été taillé en morceaux ? Tu n’as rien vu et tu dis que ce n’est qu’un simple fait divers anodin comme il en arrive plein ?
En face de Biug, le beau parleur comprend qu’il a dit une bêtise à propos d’un événement trop grave et douloureux pour que cela passe sans sermon. Tout le monde s’est poussé pour laisser le champ libre à Biug pour qu’il s’explique avec Guoll Raug. Ermere décoche un coup de poing au menton du pauvre type qui va s’effondrer quelques mètres plus loin en bousculant quelques personnes au passage. Raug reste au sol plusieurs secondes, groggy, avant de se relever assez péniblement puis de quitter le bar sans un mot. Biug était considéré comme un meneur potentiel, un homme à poigne et ce simple esclandre suffit à conforter les pensées.
-Voici ce qui se passe quand quelqu’un manque de respect à celles et ceux qui périssent parce que la Vie ne leur a jamais fait de cadeau.
-Tu as raison, s’élève une voix du fond du bar.
-Voici ce que l’un d’entre nous est capable de penser alors qu’il vit dans les mêmes conditions abominables que Déjà ! Imaginez ce que ceux qui sont plus nantis peuvent croire. Cette fille est morte parce que nous vivons dans un dépotoir sans loi ! La police n’est jamais ici pour assurer notre sécurité et voilà que l’un de ces flics vient nous raconter des sornettes pour nous calmer mais il n’y a pas de quoi être calme !
-Ouais, fais ce qu’il faut faire, Biug !
-je vais vous dire ce qu’il faut faire, parce que ça nous concerne tous. Parce que nos foyers méritent que nous les défendions. Il n’y a pas d’autorité qui nous protège car nous ne représentons rien pour ceux qui dirigent ce monde. Il n’y a que nous qui pouvons assurer la tranquillité de nos maisons et de nos rues. Il faut que nous nous levions contre les barbares qui nous obligent à vivre ainsi.
-Et tu crois qu’ils vont te laisser faire, fait le taulier du bar. Tu crois que tu vas pouvoir te promener avec des armes partout et tirer sur tout ce qui bouge ?
-Pas moi ! Nous tous ! Formons un comité qui arpentera les rues chaque nuit pour protéger nos femmes qui oeuvrent dans l’obscurité parce que les poulets de Coruscant s’en foutent ! Nous ne sommes bons qu’à crever de faim dans les profondeurs d’un monde que les riches disent civilisés mais nous allons prouver au monde que ce bar et les rues qui l’entoure vivent. Nous ne sommes pas que des ouvriers, des petites gens, nous sommes aussi ceux qui permettent à ce monde de tourner parce que nous bossons pour lui. Nous sommes les rouages d’une machine et nous allons gripper cette machine jusqu’à ce que nous soyons entendus ! Nous allons être le grain de sable qui bloquer le système et plus personne ne pourra ignorer que la rue 39, le Fan’Asy et tous les quartiers populaires ou pauvres ont des gens aussi respectables que ceux qui festoient chaque jour. Nous ne demandons pas la fortune mais le respect !
-Ouais !
-Je suis avec toi, Biug !
-Ce soir, nous allons allumer nos torches et créer une lumière qui se verra jusqu’à la surface. Nous allons faire tant de bruit que personne ne pourra plus ignorer ce que la misère créé au niveau 612 ! Arpentons nos rues et protégeons ceux qui y vivent parce que la police locale et tous les Bureaux ne font que parler au lieu de faire leur métier ! Je vais aussi contacter les journalistes des plus gros journaux de Coruscant pour qu’ils évoquent enfin convenablement cette misère qu’ils aiment tant dépeindre si caricaturalement. Il faut que nous puissions sortir de ce gouffre et de cette profondeur qui nous maintient ici comme un aimant !
-Je ne crois pas que tes journalistes vont venir pour parler des conditions de vie du quartier ? Tout ce qu’ils veulent, c’est du sensationnel !
-Et la mort de Deaj, ce n’est pas sensationnel, peut-être ?
-Mes amis, fait Ermere en levant les bras en signe d’apaisement, je vais contacter tous les organes de presse de la planète depuis ce bar. Le Fan’Asia va devenir le centre névralgique des desideratas des petites gens ! Nous allons fédérer les avis, nous allons montrer à toute la crème de cette foutue planète qu’il y a aussi autre chose que l’argent et le pouvoir, quelque chose de plus puissant qui sommeille et qui est le liant de cet amalgame de ferraille ! Nous, le peuple qu’on oublie trop souvent et sur lequel on crache ou qu’on enterre dans l’oubli ! Nos mots et nos actions vont ouvrir la voie à la reconnaissance qui nous fait tant défaut. Nous resterons peut-être ici parce que notre destin est tracé par qui sais-je encore, mais au moins, plus personne ne pourra demander si Parsec Avenue existe.
-Le Chancelier pourrait envoyer sa garde, ou bien des Jedis pour nous faire rentrer dans le rang ! Nous ne sommes plus sous la coupe des gangs et des brigands depuis longtemps, nous ne pouvons nous permettre d’être écrasés par le pouvoir.
-Tu as raison, mon ami ! Et nous devons nous entourer nous aussi de gardes pour nous protéger de ce que le Sénat pourrait déployer contre nous. Et la presse sera notre meilleure arme. C’est un formidable outil pour faire taire les clapets qui l’ouvrent trop ! Jusqu’à présent, nous avons été rejetés, ignorés, snobés et même dépeints de manière sinistre mais nous ne sommes pas que cela, mes amis, nous sommes Parsec Avenue, une rue qui transperce quasiment Coruscant sur toute sa profondeur d’un bout à l’autre de la planète et plus personne ne pourra ignorer le Fan’Asia. La capitale connaître la mort tragique de Deaj et nous allons nous relever pour mieux nous défendre puis nous révéler afin de mieux vivre, sans peur et sans crainte du lendemain !
Une ovation tonitruante secoue le bar et son retentissement s’écoule dans la rue au point que de là où le corps de deaj gisait dans une flaque rouge, les cris de joie et d’enthousiasme résonnent tel un espoir que rien d’aussi épouvantable ne puisse se reproduire. Jamais.
Les infortunées du quartier battent néanmoins toujours le pavé et les amies de Deaj continuent leur sinistre besogne malgré la peur, sursautant au moindre petit bruit qui aurait semblé anodin la veille. Un petit animal derrière une poubelle, un couvercle qui s’échoue par mégarde, une dispute au loin, tout est devenu angoissant, terrorisant et la prostitution un métier d’une grande détresse.
Ylsa et I-Lim, deux des amies de Déjà Log, marchent l’une à côté de l’autre, en scrutant le lointain, en épiant l’ombre comme si un démon allait s’en extraire pour venir leur arracher les boyaux afin de leur confectionner avec un oreiller mortuaire. Le bruit de leurs pas résonne comme des coups de blaster.
-Ce n’est pas prudent de continuer à bosser tant qu’ils n’ont pas eu le salaud qui a tué Deaj, fait I-Lim. Je ne sais même pas s’il n’y a pas que nous qui marchons ce soir…
-Penses-tu ! Elles ont toutes peur, c’est rivé à leur estomac comme la faim mais la peur, tu peux t’en accommoder, pas la faim. On crève toutes la dalle et ça va finir par nous tuer si on ne gagne pas d’argent pour acheter de quoi manger.
-Si on arrêtait de picoler un peu, ça nous ferait déjà ça en plus pour nous mettre un truc chaud au fond du bide !
-Je ne peux pas arrêter, dit Ylsa, c’est le seul truc qui me permet de tenir le coup. Je me sens si sale quand ces inconnus m’approchent et me touchent avec leurs sales mains ! Je n’ai aucune considération, je ne suis qu’une pièce de viande qu’ils s’offrent. Si je suis saoule, au moins, je pense moins à ça.
-Et maintenant, ils vont tous nous effrayer en prime ! J’espère juste que le comité de quartier de Biug va être utile. Les filles quittent la rue 4 pour plonger dans le square à la fontaine, un point d’eau gratuit où tout le monde vient piocher de quoi se laver et cuisiner. C’est un endroit aussi sombre que certaines ruelles mais de nombreuses familles y vivent.
-Comment pourrait-il être vraiment utile ? Il n’y aura qu’une poignée de bonhommes et avec le temps, ils seront de moins en moins nombreux à guetter l’assassin de Deaj.
Soudain, des bruits derrière les filles. Des pas. Une démarche lourde et bruyante. Des cliquetis et des vérins accompagnés de minuscules bips. Un robot ! Et pas n’importe lequel, un robot policier du secteur 612 ! Hasard des rencontres.
-Et voilà quelqu’un qu’on ne croyait pas voir ici, fit Ylsa. Tu étais où hier soir, tas de boulons.
-Bonsoir mesdames, j’espère que ma présence va vous sécuriser après les événements de la rue 39.
-Tu crois que tu peux venir ici et nous promettre la sécurité ? I-Lim est furieuse. Il faudrait que vous soyez dix fois plus et que l’on vous voit un peu plus pour se croire en sécurité ! Puis pourquoi je t’adresse la parole, tu n’es rien qu’un morceau de fer sans compassion.
-Je suis vraiment désolé pour votre amie mais j’étais trop loin pour…
-Pour être trop loin, tu étais trop loin ! Tellement loin que c’est un type du quartier qui a averti le commissariat et l’ambulance, pauvre tâche !
Totalement perdu devant tant d’agressivité légitime, le robot est perplexe, perdu, sans réponse appropriée. Tout son programme ne lui permet pas d’endiguer la fureur et aucun discours n’est prévu pour atténuer une telle furie.
-Je vais accélérer la cadence de ma ronde pour repasser plus souvent par ici. Bonne soirée, mesdames, dit-il en reprenant sa marche forcée dans un bruit de casserole sur coussin d’air.
-Ouais, dégage, saleté !
I-Lim racle le fond de sa gorge et envoie un énorme glaviot dans le dos du robot qui continue sa marche sans se retourner. Habituellement, un tel geste d’incivilité contre un policier conduirait à passer la nuit dans une cellule du commissariat mais Onda a passé des consignes pour apaiser les tensions plutôt que de répondre aux agressions des riverains. Laisser la colère s’exprimer et continuer son chemin comme si de rien n’était car l’enjeu du moment n’est pas la répression contre une population meurtrie mais contre un assassin passé inaperçu dans le dédale des rues du quartier 612.
-Tu parles d’un flic, une boite de fer blanc avec un gyrophare sur la tête et le code des lois dans les circuits ! Comment pourrait-on se sentir sans danger avec ce style d’argument pour nous défendre ?
-Ils ne sont même pas malins. Je suis sûr qu’ils ne l’arrêteront pas de sitôt avec des flics robots. Ylsa un bout de cigarette qui peut encore être fumé et allume le mégot dans une flamme rougeoyante avant de tousser comme si elle mourrait d’asphyxie.
-Et comme par hasard, on voit un de ces trucs le lendemain d’un meurtre !
-Comme d’habitude, toujours un train de retard mais qui a payé la note en attendant qu’ils se pointent ? Toujours les mêmes !
Au-dessus des filles passe un speeder qui s’envole ensuite vers le « tunnel ». Tout leur parait doux en regardant ce conduit gigantesque, le bruit qui s’en dégage, l’air qui en provient, les lumières qui scintillent, le destin qui pourrait être plus radieux et moins dangereux.
-Qu’est-ce que j’aimerais monter ce fichu trou pour ne plus jamais revenir ici !
-Et moi donc ! Au moins, on ne serait pas obligées de tapiner dans un quartier minable qui pue ! On pourrait être au chaud dans une taule avec un pieu au lieu de faire ça à la sauvette contre un mur puis on aurait un repas chaud tous les jours.
-Peut-être même bosser pour des sénateurs qui nous feraient plein de cadeaux ! L’esprit d’I-Lim s’évade quelques instants des dures conditions de vie de Parsec Avenue et semble illuminer le cœur d’un réconfortant besoin d’utopie qu’elle sait forcément impossible.
-En attendant, il faut qu’on aille au charbon. Sois prudente !
-Toi aussi, fais Ylsa en quittant le square pour repartir sur la rue 4. I-Lim regarde autour d’elle. Pas un chat. Autant aller vers Parsec Avenue en passant par les locaux abandonnés de la vieille société Hexam-Den qui construisait des immeubles ici dans le temps. C’est devenu un squat si grand que les chances de trouver un client sont fortes mais tout le monde participe en regardant. Une sinistre contrepartie pour quelques crédits qui font durer la vie mais qui ne la changent pas pour autant. Quelques crédits péniblement gagnés pour une vie pénible.
Et dans l’ombre d’une entrée, les filles n’ont pas vu celui qui observait tout en jubilant. Son sourire et ses spasmes de frisson étaient tout son plaisir. Il revivait son meurtre de la veille en pensant au prochain. Son excitation était intense, presque jouissive. Il ne sait pas encore laquelle des deux sera en tranches bientôt mais son couteau n’attend qu’une occasion pour fendre la chair. Il n’est pas pressé. Il est encore sous la jouissance de la veille. Son droïde a tout filmé. Toute la journée, il a visionné les images et en avait l’écume au bord des lèvres. Son plaisir est encore intense, tellement qu’il en éprouvé de grandes érections et qu’il s’est masturbé avec frénésie.
Décidément, ce quartier est plein de bonnes surprises, pense-t-il. Je suis trop fort pour tous ces flics ventripotents et ces robots idiots. Je vais me trouver une nouvelle pute et lui ouvrir la panse comme un fruit ! Coruscant va trembler devant mon travail et je continuerais, toujours !
Un habitant sort de chez lui pour aller au bar, il a été prévenu du comité de Biurg et veut y participer. Blotti dans l’ombre, le tueur de Deaj observe avec frénésie et cherche tout ce qui pourrait lui nuire. Le moindre bruit est amplifié parce qu’il n’y a personne dans les rues. Trop se dissimuler, c’est cacher quelque chose mais trop s’exposer ou se montrer, c’est courir le risque d’être reconnu même si le système vidéo du quartier est en panne depuis longtemps. Pour les caméras qui restent, le droïde a infiltré le système et pris le contrôle des images puis des archives. Rien ne peut être filmé à l’insu du tueur.
Puis ce comité de quartier, quelle plaisanterie ! Quelques mendiants, des ouvriers affamés, des putes, le ramassis d’un caniveau où un gundark aurait vomi ! Ils ne peuvent rien contre moi ! Je contrôlerais tout pour mieux les contrôler et poursuivre mon œuvre.
Mais la prudence est quand même de mise. Le jeu ne fait que commencer !

postée le 09-01-2013 21:28
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Parsec Avenue - Chapitre 2

Jeleema Onda marche tranquillement dans les rues et salue les gens qu’il croise. Le Rodien est toujours d’humeur affable le matin et ces derniers jours ont été particulièrement calme. Il y a des moments de répit, même pour un policier, dans les quartiers les plus sinistres. Hormis les traditionnelles bagarres dans les débits de boisson et un vol de speeder, il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Onda est même assez satisfait car depuis sa nomination au poste de police du niveau 612, les faits divers les plus sordides se sont presque évaporés.
Il faut dire que sa réputation l’avait précédé. Avant d’être inspecteur, il avait une brillante carrière sur Rodia et son zèle avait été remarqué. Il était parvenu à stopper la corruption de certains politiques qui profitaient des échanges de métaux précieux avec Mandalore. Les Rodiens sont souvent assimilés à des malfaiteurs mais pas Jeleema Onda. Il déteste ceux qui profitent du système et fait la chasse à toutes les infractions possibles pour redorer le blason de son peuple. Il a même enquêté discrètement sur le Grand Protecteur suite à des bruits concernant son enrichissement personnel frauduleux.
Mais Rodia est bien loin de Coruscant et la République encore plus éloignée, ici, dans les profondeurs de la cité. Le niveau 612 est loin d’être le pire secteur à surveiller et à gérer. Les affaires les plus violentes sont devenues plus rares et les petits larcins se sont multipliés. Le quartier est devenu un peu nauséabond, un peu moins sordide, un peu plus sûr mais tout reste encore à faire pour améliorer les conditions de vie des habitants. Et Jeleema le sait, il ne peut rien changer à la condition de ceux qui vivent près de Parsec Avenue. Tout juste faire que leur misère soit plus sécurisée. Ce n’est pas avec les quelques robots-policiers dont il dispose qu’il pourra de toute manière changer la face des choses. Etre ici, c’est une quasi-condamnation à la pauvreté et à un destin peu enviable. De toute façon, qui attend d’un policier qu’il change l’existence de la population ?
-Monsieur Onda, s’il vous plait !
-Bonjour, monsieur Onda.
-Bonjour les enfants, fait le Rodien en fouillant dans ses poches. Toujours à l’affût pour me voir passer, hein ? Il extrait de son manteau une poignée de confiseries qu’il offre aux quelques petits affamés qui l’attendent chaque matin car ils savent que c’est un homme bon qui leur apporte toujours un petit quelque chose. Pas de quoi survivre une journée avec l’estomac plein mais une friandise qui est aussi succulente au goût que savoureuse pour le rapport. Ces enfants aiment ce Rodien si gentil qui a toujours un bonbon et un mot sympathique pour eux. Parce que malgré toutes leurs différences, il les traite comme des égaux et non comme des rebuts méprisables.
Il entre dans le commissariat et se rend directement à son bureau. Il semble heureux et cet échange quotidien avec ces enfants est un vrai rayon de soleil.
-Vous tombez bien, inspecteur, fait le robot de garde. Je vous ai contacté depuis hier soir toutes les heures mais vous n’avez jamais répondu. Je vous attendais.
-J’avais coupé mon transpondeur parce que j’étais en charmante compagnie, fait le Rodien en posant son manteau sur une chaise. Je n’allais pas mettre un terme à ce moment-là alors que c’était pendant mon temps libre, dit-il, amusé, repensant à l’excellente soirée passée avec Lady Ijena Molda. Tout d’abord, un repas fin dans un joli restaurant classé puis un spectacle au théâtre où l’œuvre du dramaturge Ollec est jouée depuis longtemps à guichet fermé. Onda avait payé cher au marché noir les billets mais vu l’issue de la soirée, il était ravi d’avoir investi.
-C’est dommage car un meurtre s’est produit dans la rue 39 hier soir et nous aurions tous eu besoin de vos lumières pour éclaircir cette affaire. Le robot était presque au garde-à-vous, attendant la moindre inflexion de voix de l’inspecteur pour agir.
-Il y a longtemps qu’il n’y a pas eu de meurtre dans les environs, fait Jeleema. Un simple règlement de compte entre deux dealers ? Il s’assied et allume son ordinateur pour avoir accès aux dernières informations du Bureau Central, au niveau 2. Juste sous la surface. Ce bureau s’occupe de toutes les affaires du sous-sol tandis que le Bureau Principal gère ce qui se trame à la lumière du jour. Pour les affaires dépendant deux entités, il y a Le Temple, un gigantesque complexe où des dizaines d’enquêteurs cherchent des solutions aux énigmes tout en jonglant entre les deux juridictions, celle de l’obscurité et celle de la clarté.
-Il ne s’agit certainement pas d’un règlement de compte pour de la drogue, Monsieur. La victime est une prostituée.
-Elle aura probablement été dépouillé du peu d’argent qu’elle possédait hier. Vous avez fait venir les drones pour filmer la scène du crime ?
-Oui, Monsieur mais la population est inquiète car le meurtre a été sauvage.
-Sauvage à quel point, fait Onda en relevant les yeux de son écran.
-J’ai mis les premières conclusions du médecin-légiste en ligne dans nos fichiers, il vous suffit de consulter le rapport depuis votre ordinateur. Onda s’exécute et commence à parcourir les conclusions du coroner. Eviscération, meurtre à caractère sexuel, sadisme, tels étaient les mots employés dans ce rapport.
-Pour une fois que je couche ma liaison et qu’on a vraiment besoin de moi… mettez-moi en relation avec le médecin-légiste immédiatement, sergent, puis préparez ensuite un véhicule : je veux aller sur place voir la scène.
-Bien, Monsieur. Le robot active la communication avec le bureau du coroner depuis son ordinateur intégré à son bras puis sort préparer le speeder pour l’inspecteur.
L’hologramme du médecin-légiste s’allume mollement devant Jeleema et le toubib ne remarque même pas qu’une communication s’est établie.
-Docteur, ici l’inspecteur Onda du secteur 612. Docteur ? L’homme enfin les yeux de son épais dossier qu’il fouine du regard.
-Excusez-moi, fait le médecin-légiste mais j’étais plongé dans la lecture d’un ouvrage sur la vivisection. Le cas de la malheureuse de la rue 39 m’a replongé dans mes anciens cours universitaires.
-Savez-vous ce qui lui est exactement arrivé, fait Onda.
-Si vous avez parcouru mon rapport, vous savez ce qu’il y a à savoir pour l’instant. La pauvre a été poignardé puis probablement égorgé avant d’être… excusez-moi mais je n’avais pas vu de mort aussi atroce depuis si longtemps que j’en suis tout retourné. Le coroner s’allume une cigarette et subit une énorme quinte de toux qui le fait cracher tous les glaires dans ses poumons.
-Je comprends, dit l’inspecteur, je suis assez bouleversé également. C’est un quartier chaud mais tout de même tranquille où il n’y a pas ce style d’évènement. Je voudrais savoir quel type d’individu a perpétré ce crime affreux. Gurnim essuie sa bouche et sa main des glaires puis tire à nouveau sur sa clope.
-C’est certainement un sadique. L’excitation sexuelle et sa satisfaction, sa jouissance, voilà ses moteurs. Eventrer cette fille comme une tomate était aussi fort qu’un orgasme dans son esprit.
-Mais pourquoi ai-t-il pris la peine de disposer ses organes ainsi dans la rue au risque d’être surpris ?
-Je ne sais pas, inspecteur, il faudrait voir quelqu’un qui a du talent en médecine comportementale. Je me borne à étudier les corps, pas les âmes.
-Autre chose : a-t-il des connaissances anatomiques pour s’acharner ainsi ? Les organes étaient-ils intacts ou mutilés ?
-Je n’ai pas vraiment de réponse à cette question. A la faveur d’une petite lampe, le tueur aura été capable de couper les tissus sans endommager les organes cachés, même sans connaissances particulières. Les intestins ont été jetés sur l’épaule de la défunte sans précaution et le foie arraché avec une forte sauvagerie. Pareil pour l’utérus qui a subi les assauts d’un couteau à la lame tranchante comme un rasoir. Le tueur a martyrisé la matrice de cette fille plus que toute autre partie de son corps. Mais ses gestes semblaient précis toutefois. Pour égorger la prostituée, il n’y a pas eu d’hésitation ou de coup porté à plusieurs reprises, un seul a été nécessaire, d’une oreille à l’autre, un trait rapide.
-Merci. Je vous demanderais de nous envoyer vos conclusions définitives le plus rapidement possible ainsi que tous les clichés et films de votre autopsie. Je vais vous faire parvenir tout ce que nos drones et robots ont filmé sur place pour étayer votre certitude. D’ailleurs, je me rends sur place immédiatement pour débuter mon enquête.
-Le rapport ne vous suffit-il pas, inspecteur ?
-Un bon flic se déplace toujours et ne reste pas derrière un bureau à lire des rapports, docteur. Si je faisais cela tout le temps, je ne serais pas policier mais politicien ! Merci de votre travail toute la nuit pour cette infortunée. Je vous tiens au courant de l’évolution de l’enquête si je peux vous amener de nouveaux éléments probants concernant votre rapport.
Un signe de la tête pour saluer le médecin-légiste et couper la communication que déjà Onda se lève et enfile sa veste en avalant un rapide et toujours trop fort café.
-Vous ne savez toujours pas préparer un bon café, sergent, il va falloir que je vous charge un programme pour y arriver, fait-il en plaisantant. Si je dois boire trois tasses de cette mixture chaque jour, je cours à l’infarctus.
-Veuillez me pardonner mais je ne suis pas un spécialiste du café, ma fonction est juste d’être policier et archiviste.
-Je me moque de vous, sergent. Venez, allons voir cette scène de crime rapidement. L’inspecteur avance d’un pas solide tout en regardant à droite et à gauche. Un meurtre n’est jamais une bonne publicité pour la police mais il n’y a aucun quidam vindicatif à l’horizon. Cette pauvre fille était sûrement seule au monde dans cette ville. Personne de sa famille ne doit savoir qu’elle est morte, pour peu qu’il y ait une famille à prévenir.
Onda se met dans le siège du passager et le sergent démarre le speeder. Le commissariat est fermé le temps du déplacement car à cause du meurtre, toutes les unités disponibles arpentent les rues pour rassurer ceux qui ont peur et chercher d’éventuels indices. Une trentaine de robots, tout au plus, certains étant même des antiquités. On peut même compter dans les effectifs une relique de l’Ancienne République.
-Depuis quand êtes-vous dans la police, sergent ? Onda a toujours aimé s’occuper en parlant dans les transports, une manière de briser la monotonie des trajets parfois très longs dans les villes modernes et industrielles, Coruscant étant bien entendu la plus gigantesque. L’avantage d’un robot, en l’occurrence dans la police, c’est qu’il parle volontiers à sa hiérarchie.
-J’ai été conçu uniquement dans ce but lorsque Parsec Avenue était gangrenée par les Hutts, il y a quelques dizaines d’années. Les clans se déchiraient pour contrôler les parcelles de blocs entiers. Il y avait des fusillades quotidiennement et le niveau de misère était encore plus important qu’à l’heure actuelle. Beaucoup de victimes innocentes tombaient sous des tirs perdus. Il a fallu fabriquer une armée de policiers pour nettoyer chaque artère, chaque recoin. Nous étions des milliers à combattre le crime et nous n’avons été qu’une poignée à survivre. Nous avons rempli les prisons de gangsters en tout genre, d’assassins, de proxénètes, de dealers. Toute la pouillerie de l’univers !
-Vous avez fait du bon travail, ce secteur est beaucoup plus calme désormais.
-Je devine quand même la révolte qui gronde. Inspecteur, les gens meurent de faim, ils n’ont pas d’argent, ce sont des facteurs suffisant pour faire éclater des émeutes et une petite étincelle suffit à enflammer les ardeurs.
-Voilà pourquoi nous faisons ce métier, sergent, pour faire en sorte que ces gens ne soient pas tentés de créer des révoltes. Les fruits pourris doivent être mis de côté pour endiguer les velléités. Nous ne pouvons pas changer leurs conditions mais nous pouvons faire en sorte que rien ne s’aggrave trop au point qu’ils veuillent déclencher leur guerre à cause du ras-le-bol.
-Vous adoptez une bonne psychologie face à ces gens, inspecteur. Le robot pilote tranquillement le speeder qui s’approche de la rue 39.
-Parce que je suis né ici, dans ces mêmes quartiers défavorisés, au niveau 442. Je connais ces gens, je connais leurs peurs et leurs attentes. Je sais ce qui motive leurs humeurs, bonnes ou mauvaises. Je sais qu’ils en ont assez mais je ne peux pas leur rendre l’existence plus simple ni leur fournir de solution. J’ai eu la chance de pouvoir sortir de mon ghetto pour repartir vers Rodia et entrer dans la police.
-Venir de Rodia pour s’enterrer à Parsec Avenue, c’est le chemin inverse, inspecteur. Pas une promotion mais une dégringolade. Onda se met à rire.
-Sergent, soyez rassuré, revenir à mes racines n’est pas une punition à proprement parler, même avec vos critères. Je me sens chez moi ici, c’est le principal.
-Me voilà rassuré sur vos intentions avec nous alors, fait le robot qui vient poser le speeder à quelques mètres du lieu où a été massacré Deaj. De l’eau a nettoyé la flaque de sang mais le sol a gardé la couleur de mort du meurtre.
Jeleema descend du speeder et contemple la scène. Un simple recoin loin de la lumière, un endroit idéal pour rester discret, et les quelques habitations alentour ne peuvent remarquer d’agitation dans ce sombre lieu.
-Que pensez-vous de ce meurtre, sergent ? Vous êtes dans ce quartier depuis longtemps, vous connaissez les habitudes, vous avez vu le changement positif depuis votre arrivée. Comment jugez-vous ce crime ?
-Je ne l’explique pas, inspecteur. Ce n’est pas dans les habitudes de Parsec Avenue. Il y a des dizaines d’années qu’un crime aussi violent ne s’était produit dans les environs. Et encore, ma banque de données n’a pas d’antécédent aussi agressif.
-Vous compulserez vos mémoires avec les archives du poste, vous verrez aussi avec les Bureaux, je veux que l’on trouve le salopard qui a charcuté cette pauvre fille. Tout ce qui peut concorder, de près ou de loin, vous m’en ferez le topo. Remontez sur vingt ans.
-Ce genre de crime est souvent motivé par des pulsions sexuelles, je ne crois pas que…
-Vous chercherez aussi les pyromanes et ceux qui ont eu des attaques de cruauté envers les animaux. C’est un bon terreau pour devenir dingue au point d’éventrer une prostituée.
Une dizaine de personnes se dirige depuis le coin de Parsec Avenue vers Onda. Des gens du coin visiblement.
-Monsieur, des autochtones se dirigent vers nous.
-Nous sommes là pour les rassurer, sergent. Allons à leur rencontre. Quelques pas et l’inspecteur s’arrête face à des hommes armés de barres de fer. L’un d’entre eux a même un blaster.
-Qu’attendez-vous pour arrêter le salaud qui a tué Deaj ? Ils semblent tous remontés, prêts à en découdre. Onda fait un parfait pigeon pour qu’ils laissent libre cours à leur colère.
-Où était la police hier soir ?
-Vous protégez les bourgeois et non les petites gens, dit le plus avancé d’entre eux.
-Comment vous appelez-vous ? Onda reste calme et sûr de lui.
-Je suis Biug Ermere. Je représente le comité de défense de Park Avenue.
-Un comité de défense ? Mais nous sommes là pour ça, fait Onda.
-Avec le résultat que nous connaissons tous ! Cette fille est morte découpée en morceaux par un fou furieux et où étiez-vous ? Pas un robot, pas un humain, pas un Jedi ! Personne ne pleure Deaj car tout le monde s’en fout ! Alors les habitants vont assurer la sécurité du quartier.
-En multipliant les armes de tous les styles dans toutes les mains alors que vous buvez tous à en perdre la raison ? Combien d’entre vous étaient ivres hier soir lorsque cette malheureuse a été prise à parti ? Combien ont pris de la drogue et ne se rendait même pas compte de ce que disait son voisin à l’heure du meurtre ?
Un silence lourd s’abat d’un coup. Les bras véhéments se baissent lentement et le ton diminue. La vindicte s’efface. Onda sait comment faire avec les gens de ces quartiers. Leur répondre avec force les motiverait bien plus car ils se croiraient méprisés, humiliés. Là, Onda leur montre un visage impassible, un visage d’autorité. Tout ce qui a fait défaut hier soir.
-Et pendant qu’ils noient leur déchéance et leur vie, qui surveillait nos rues ? Il faut même accompagner les enfants dans les écoles parfois tant c’est dangereux ! Biug Ermere avance d’un pas et à son nez presque collé à celui de l’inspecteur.
-Parce que vous envoyez vos enfants à l’école ? Je vous connais, vous et tous les autres, vous n’êtes que des fétus de paille qui cherchent une étincelle pour brûler et incendier tout ce qui est autour ! Vous cherchez le pouvoir, c’est marqué en gros sur votre visage ! Vous vous indignez de l’absence de la police mais vous êtes bien ravi de ne voir aucun uniforme dans les parages pour vos magouilles ! Je connais tous ces gens, je viens du même milieu et si vous croyez que brandir votre barre de fer permettra d’arrêter le coupable de cette horreur, vous vous trompez lourdement ! Tous ! Nous ne sommes pas assez nombreux pour être dans chaque rue à chaque minute mais croyez-vous que votre sort nous est indifférent ?
La troupe recule sauf Ermere, impassible devant le discours d’Onda. L’inspecteur attrape sa barre de fer directement dans ses mains et la jette dans un caniveau.
-Rentrez chez vous. Votre révolution n’est pas pour aujourd’hui, même pas votre soi-disant groupe de protection. Vous ne pouvez rien faire de plus que nous ne faisons et que nous ne ferons. Quant à vous, monsieur Ermere, votre vendetta personnelle n’a pas lieu d’être. Vous n’êtes qu’un profiteur de la misère. Vous maudissez votre existence et vous maudissez la police et tout ce que vous proposez, c’est la violence pour vous en sortir. Mais personne ne viendra vous chercher au fond de votre trou quoi que vous fassiez. Par contre, j’enfoncerais moi-même votre tête au fond de la cuvette des toilettes au moindre écart que vous ferez avec la loi.
Biug regarde Onda calmement et sourit, amusé mais trouvant aussi pathétique le discours de l’un des rares ayant pu s’extraire des couloirs oubliés de Coruscant.
-Vous n’impressionnez personne, inspecteur. Tout le monde sait qui vous êtes et d’où vous venez. Nous connaissons tous la merveilleuse histoire de votre vie où vous échappez à notre destinée pour vous ériger dans la lumière de votre planète d’origine mais nous savons également que votre retour ici n’est pas le fruit du hasard, n’est-ce pas ? Ces bruits concernant votre corruption ne sont probablement pas infondés.
-De purs ragots.
-Il y a des ragots partout, faire Ermere. Mais que ce soit faux ou non, peu importe, vous êtes désormais de retour parmi la population invisible de Coruscant, le monde des rats.
-Personne ne compare ou assimile à des animaux. Certains naissent du bon côté de la barrière, d’autres naissent avec tellement de difficultés devant eux qu’ils plieront l’échine toute leur vie. C’est ce qui se passe dans la rue 39 où cette pauvre fille est morte, dans Parsec Avenue ou bien dans tout le niveau 612. Rentrez chez vous.
L’un après l’autre, les habitants reculent et font demi-tour. Biug reste le dernier puis tourne les talons lentement, en jaugeant le flic des pieds à la tête. Le petit discours n’a été qu’un pansement sur une jambe de bois, Onda en est conscient mais parfois, c’est suffisant, au moins de manière temporaire.
-Vous avez su trouver les mots justes, inspecteur. Calmer une foule en proie à la colère et au doute, je n’y suis jamais arrivé.
-C’est parce que les gens ne respectent pas les machines. Vous faites votre travail et c’est ce qui m’importe. Nous faisons le même métier à peu de choses près, nous sommes égaux même si je suis organique et vous synthétique.
-Voulez-vous inspecter plus avant les lieux, monsieur ?
-Non, sergent, j’imagine que les drones ont tout filmé. Je veux une analyse fine de tout ce qui s’est passé hier soir avant, pendant et après dans cette rue et toutes les rues alentour. Je veux avoir les bandes de toutes les caméras de surveillance du périmètre. Ce fumier a forcément été vu quelque part par quelqu’un.
-Voulez-vous que j’organise une enquête de porte en porte ?
-S’il vous plait. Que toutes les unités soient dévouées à l’enquête concernant cette malheureuse. En attendant, conduisez-moi au Bureau Central. Je dois voir l’intendant Bleigh. Je crois qu’il y a beaucoup à dire sur cette sordide affaire.
Le speeder décolle et le sergent dirige l’engin vers le « tunnel », un gigantesque passage cylindrique parcourant Coruscant de la surface au dernier niveau avant la croûte terrestre. Large de plusieurs kilomètres, le « tunnel » permet de rejoindre rapidement un niveau, qu’il soit inférieur ou supérieur, plutôt que de passer par les traditionnels ascenseurs qui peuplent la ville. Qui plus est, plus on s’enfonce dans les bas-fonds de Coruscant, plus les ascenseurs puent la pisse et le vomi. Rien d’attractif donc. Ce sont en plus des lieux où les mauvaises rencontres peuvent facilement se faire mais pour les personnes ne possédant pas de speeder, ils sont l’unique moyen de gravir ou de descendre les échelons d’une ville tentaculaire, épaisse et sans merci. Un état de fait que connait Onda sur le bout des doigts, lui qui a sué sang et eau pour parvenir à s’extirper de la crasse de son enfance pour parvenir à un résultat enviable selon les critères de la population du dessous.
-Qu’entendez-vous par « je pense qu’il y a beaucoup à dire », inspecteur ? Le robot pilote vigoureusement dans « le tunnel » pour éviter d’être percuté car les speeders filent dans tous les azimuts. Le ciel de Coruscant est aussi codifié et droit que son antre est anarchique. Il faut avoir l’œil partout pour éviter un accident.
-Il y a longtemps qu’aucun crime de ce genre n’a eu lieu dans ce quartier et si nous ne faisons rien, il est probable que d’autres suivront. Par le même assassin. Voilà pourquoi j’ai besoin de voir l’Intendant. La situation exige que j’informe les hautes autorités.
-Croyez-vous que nous pouvons arrêter le tueur ?
-Je n’en sais rien, malheureusement. Je suis tout de même perplexe. Prendre autant de risque en pleine rue à quelques dizaines de mètres d’un bar à l’heure d’affluence, c’est déconcertant. Et pourquoi ne l’a-t-il pas seulement tué ? Pourquoi s’est-il acharné sur elle comme s’il avait découpé un animal pour le rôtir ensuite ?
-Dès que possible, je me brancherais sur les archives au poste et je chercherais des références pour dresser un portrait du tueur.
-Faites au mieux. Le bon aspect des archives de la police de Coruscant, c’est que la majorité des crimes de la république y sont répertoriés et il y a suffisamment de fous ou de dégénérés agissant sous une pulsion pour étudier la psychiatrie criminelle durant plusieurs vies.
-Voici un bon aspect des machines comme moi, inspecteur : tant que nous pouvons nous recharger et si nous ne sommes pas endommagés, nous pouvons apprendre sans relâche à la différence des êtres organiques. Nous n’avons pas besoin de repos, nous pouvons nous focaliser sur une tâche indéfiniment.
-Ne le prenez surtout pas mal, sergent, mais malgré toutes vos puces et tous vos programmes, il y aura toujours un défaut dans votre intelligence.
-Lequel, je vous prie ? Je ne vois pas de défaut à mon programme.
-L’intuition, fait Onda en souriant. Ce n’est malheureusement pas quelque chose qui s’applique aux machines, c’est un sens que même la meilleure des intelligences artificielles n’arrive pas à restituer.
-Je ne comprends pas votre discours, inspecteur, fait le sergent en regardant Jeleema.
-Je vais vous donner un exemple : lorsque vous consulterez les archives pour trouver des concordances entre l’affaire de cette pauvre fille éventrée et tous les cas de morts violentes enregistrés, vous aurez des points de repère évidents comme les blessures, l’arme du crime, l’heure et le lieu où cela se sont produit les autres affaires, exact ?
-Je vous suis jusque-là, inspecteur.
-Très bien. Mais avec toutes ces informations, vous ferez le lien entre les points que je viens de citer, vous ne verrez pas plus loin, vous ne devinerez pas ce qui peut se cacher derrière tel rituel, telle envie, tel geste, telle décision.
-A vous entendre, vous disposez des dons des Jedis. Onda rit de bon cœur en entendant pareille sottise.
-Je ne suis pas clairvoyant, sergent, mon cerveau est juste plus aiguisé que le votre pour les déductions concernant l’intuition. Mais vous ne pouvez être blâmé pour ce dont vous ne disposez pas. C’est même réconfortant de savoir que les machines sont encore imparfaites, mon rôle n’est pas à mettre à la poubelle.
-Nous sommes tous les deux imparfaits, inspecteur, vous parce que vous êtes mortel et que votre corps a besoin de repos régulièrement, tout comme votre esprit, moi parce que mon programme est encore perfectible.
Le speeder continue de monter et passe devant le quartier de Chinjoko, un endroit gigantesque où toutes les ressources pour le plaisir sont à portée de main, tant que vous avez assez de crédits pour vous les offrir. La nourriture, les femmes, l’implantation de mémoire virtuelle, les bars et les discothèques, tout est possible à Chinjoko. C’est un endroit toutefois fermé pour le travail car cette partie de Coruscant est détenue par les Nii’ Poens, un peuple particulièrement travailleur qui a réussi dans les affaires. Plutôt que de végéter sur leur planète d’origine, Jaah’Panniss, où le travail ne court pas les rues, ils viennent par milliers gonfler les effectifs de Chinjoko où la main d’œuvre est toujours recherchée.
Vient ensuite le marché de Tsojiko où toutes les denrées de la République affluent par cargo. Les particuliers viennent s’approvisionner en victuailles locales tout comme les professionnels. Les cuisiniers du Sénat remplissent leurs frigos de mets rigoureusement sélectionnés à Tsojiko. Avec la multiplicité des espèces présentes sur Coruscant, avoir du choix dans une assiette est primordial. Les peuples aquatiques ou affiliés comme les Quarrens et les Nautolans adorent les algues de leurs mondes, tandis que les Trandoshans aiment surtout la viande. Il en faut pour tout le monde, tous les goûts, et le Sénat regorge de possibilités culinaires car les politiciens profitent bien de leur poste en usant et abusant des richesses de ce monde pour leur propre plaisir. Les odeurs s’échappant des couloirs de Tsojiko remontent parfois à la surface et les effluves charment toujours ceux qui les renfilent. Les Nii’ Poens excellent dans la cuisine en tout genre et ils se sont naturellement appropriés le marché au fil du temps, non sans quelques jalousies, dessous de table et règlements de comptes.
Onda arrive finalement à destination. Le sergent pose le speeder sur le gigantesque tarmac du hangar à disposition des forces de l’ordre. Speeders marqués du sceau de la police ou bien véhicule banalisés, gros porteurs pour les émeutes, toute l’armada de la police locale est ici.
Deux gardes armés s’approchent du véhicule, blaster à la main, pour vérifier l’identité des passagers. Un contrôle de routine depuis qu’une bombe a fait sauter un chasseur de la police. L’aéronef venait juste de se poser quand des opposants à la manifestation du Bluad Veri sont apparus et ont dynamité le vaisseau avec son occupant. La manifestation avait fait de nombreux morts sous la commande de l’Intendant Bleigh. Démarrant comme une marche pacifique pour revendiquer de meilleures conditions de travail, tout a viré au cauchemar lorsqu’un groupe de casseurs a profité de l’occasion pour piller.
Magasin après magasin, les voyous s’en donnaient à cœur joie et la police a foncé dans le tas, dispersant avec des gaz les manifestants, mais aussi avec des matraques électriques. Lorsque les syndicats du Starben ont vu la police charger la foule innocente et non les pilleurs, le ton s’est envenimé. Plusieurs robots-policiers furent détruits mais de nombreux manifestants furent tués à coups de matraques. Après plusieurs heures d’affrontements, les pertes étaient nombreuses. Plusieurs dizaines de travailleurs, humains, Twi’leks et d’autres espèces tombèrent pour défendre un meilleur salaire pour l’extraction du Starben, un important composant du carburant pour les voyages spatiaux.
L’événement eut de mauvaises répercussions dans la presse, surtout à l’encontre de l’Intendant Bleigh dont l’autorité venait d’être malmenée. Les journaux populaires critiquèrent la décision ordonnée par l’Intendant pour charger la foule afin de la contenir. Sans cet ordre, il y aurait certainement beaucoup moins de morts tragiques. Jusque-là plutôt populaire, Bleigh venait de se mettre le monde ouvrier à dos, ce qui renforçait la puissance de ses ennemis au Sénat qui trouvaient qu’il était bien trop laxiste. Entre le laxisme puis la cohue meurtrière, Bleigh pouvait tomber à n’importe quel moment et certains se frottaient toujours les mains en cherchant quel événement aller précipiter la chute de ce haut fonctionnaire de la République, quasiment désavoué à l’époque par le Chancelier et qui eut la chance de connaître certains sénateurs influents mais désormais, le moindre écart ferait tomber le couperet. Bleigh est sur un siège éjectable.
Onda descend du speeder puis laisse le robot derrière lui. Les machines ne sont jamais très acceptées même si elles sont utiles et nombreux sont les policiers qui dénigrent les capacités de la robotique pour exercer un tel métier où la jugeote est de mise, pas uniquement les idées préconçues et les programmes anguleux. Qu’ils arpentent les rues pour assurer un minimum de sécurité, soit, mais ils ne peuvent faire plus selon la majorité des flics de Coruscant.
Quelques minutes de marche à travers des couloirs où chaque mur est orné de photos, de souvenirs, de récompenses ou bien d’affaires en cours et Jeleema arrive dans le grand hall de l’Intendant.
-Vous désirez, fait la standardiste derrière son bureau.
-Je souhaiterais voir l’Intendant pour une affaire de la plus haute importance.
-Avez-vous pris rendez-vous ? L’Intendant est toujours très occupé.
-Je le sais mais c’est un cas extrême qui vient de se produire et je n’ai pas le temps de me conformer aux codes, mademoiselle. Prévenez-le que l’inspecteur Onda souhaite une audience immédiate, je vous prie.
La jeune femme s’exécute, un brin septique. Ce n’est pas le style de l’Intendant de déroger à son emploi du temps particulièrement chargé pour recevoir un simple inspecteur qui ne semble pas payer de mine.
-Monsieur, l’inspecteur Onda désire vous rencontrer. Dois-je lui annoncer que vous êtes débordé ?
-Faites-le entrer, mademoiselle.
Surprise, la standardiste accompagne Onda jusqu’à la porte du bureau de Bleigh.
-Vous avez de la chance, ça ne se produit jamais. L’Intendant est très à cheval sur les horaires et le respect de son organigramme.
-Espérons alors que la chance ne s’arrête pas en si bon chemin, fait Onda en ouvrant la porte du bureau. Il s’avance vers Bleigh qui est en pleine discussion avec le préfet du district de la police souterraine, le Commander Jooilind, un vieux Nemoidien réputé pour être impartial et sévère.
-Excusez-moi de vous déranger sans être annoncé à l’avance, monsieur mais je dois m’entretenir avec vous d’un cas que je considère gravissime.
-J’ai peu de temps à vous offrir, inspecteur. Vous connaissez certainement le Commander Jooilind, n’est-ce pas ? Il vient voir comment se portent nos troupes et si nos résultats sont satisfaisants. Un bref salut de la tête de chacun d’entre eux suffit pour couper court à la flagornerie dont Onda n’est guère coutumier de toute manière.
-J’espère que votre présence n’a rien d’effrayant pour nos effectifs, fait l’inspecteur en souriant.
-Soyez assuré que je suis pour le maintien des effectifs, jeune homme. Ce n’est pas moi qui supprimerais des postes alors que le sous-sol de Coruscant est gangréné par tous les maux de l’univers.
-J’en suis ravi alors, fait Onda. Et finalement, vous voir tombe également à pic.
-Réellement ? Pourquoi ma présence serait-elle si intéressante ? Jooilind est interpelé tandis que Bleigh attend tranquillement derrière son bureau ce qui motive la présence de l’inspecteur.
-Hier soir, une prostituée est morte près de Parsec Avenue, rue 39. C’est un quartier plutôt calme désormais et ce meurtre pourrait bien être le début de nombreux ennuis.
-Les prostituées sont une cible de choix pour les assassins et détraqués en tout genre, vous le savez parfaitement, déclare Bleigh.
-Oui, je suis au courant mais ce meurtre a été particulièrement agressif, la pauvre fille s’est retrouvée découpée, éventrée. Une pièce de boucherie aux mains d’un individu sournois mais déterminé.
-Je ne saisis pas l’enjeu de votre déplacement, mon garçon. Il y a des milliers de meurtres chaque jour sur Coruscant et cette population est malheureusement l’une des cibles prioritaires.
-La violence qui s’est abattue sur cette infortunée est hors-norme. Je n’avais jamais rien vu de tel. En pleine rue qui plus est. Celui qui a fait ça est décidé et ce n’est que le premier meurtre que son esprit autorisé. Il recommencera, j’en suis persuadé.
-Rien ne le prouve, inspecteur, fait Jooilind. Ce n’est pas parce qu’une fille est assassinée que d’autres le seront.
-C’est un crime à caractère sexuel, monsieur, l’auteur s’est acharné comme une bête féroce, ça ne fait aucun doute. Il est probable qu’il a déjà eu des soucis avec la police pour des délits mineurs mais aujourd’hui commence sa croisade. Il ne s’arrêtera pas. Jamais.
-Admettons que vous ayez raison, inspecteur, pourquoi ma présence vous importe ? Jooilind ne voit toujours pas en quoi il est précieux pour Onda.
-Nous manquons d’effectifs, monsieur. Les rues ne sont guère sûres malgré l’apparente tranquillité qui y règne. Une partie de la population va se soulever contre l’autorité dès qu’un autre meurtre va avoir lieu.
-Si vous faites votre travail, il n’y en aura pas, inspecteur, dit Bleigh.
-Je peux vous garantir que malgré les efforts de tous, il est fort probable qu’un autre crime surgisse. Nous ne sommes pas en effectif suffisant pour accomplir un travail régulier. Pour de telles enquêtes, j’ai besoin d’hommes dans les rues pour sécuriser les lieux et rassurer les gens, d’autres qui enquêteront à l’extérieur comme au poste, et je dois me contenter d’une poignée de robots qui ne verront pas plus loin que le bout de leurs diodes.
-C’est tout ce que nous pouvons vous garantir à l’heure actuelle, fait le Commander.
-Alors, soyez prévenus qu’il y aura un chaos social à Parsec Avenue d’ici peu. Un feu couve et ce premier meurtre va lui fournir de quoi brûler plus que de raison. Les gens ont faim et sont sans argent, ils vivent dans des clapiers insalubres et la police ne peut garantir que même des enfants peuvent aller à l’école sans risquer de mourir. Voici la situation dans mon secteur. Et le décès de cette pauvre fille va déclencher l’anarchie. Il y aura certainement des émeutes que mes maigres effectifs ne sauront contenir.
Le silence est tombé comme une chape de plomb dans la pièce, Bleigh et Jooilind se regardant l’un l’autre pour savoir comment botter en touche tout en évitant de se mettre à dos un inspecteur de renom.
-Dites-moi, fais Bleigh, depuis quand êtes-vous affecté à ce poste, inspecteur ?
-Pas très longtemps, monsieur. Mais je suis né dans ce lieu et je connais la mentalité des habitants. Ce que j’ai vu ce matin n’était qu’un avertissement.
-Et avec les soupçons de corruption qui pèsent sur vous, vous voudriez que nous croyions votre beau discours ? Un policier si peu intègre qui devrait obtenir tout ce qu’il souhaite juste en le réclamant ?
-Ces allégations sont une invention du dirigeant de Rodia, monsieur. Il n’a guère aimé que je fouine à propos de son enrichissement personnel. Ma punition, c’est le retour dans les quartiers de mon enfance. Et je ne considère même pas cette mise à l’amende comme une punition. Je préfère être avec des gens simples mais sans le sou qu’avec de riches bourgeois, voleurs et menteurs de surcroit.
-Mais tout ceci n’est pas prouvé, inspecteur, fait le Commander, c’est votre parole contre celle de votre dirigeant. Vous étiez un policier zélé avec beaucoup de réussite mais visiblement, vous n’êtes pas encore assez parfait, vous possédez des défauts qui ont sabordé votre carrière.
-Je me moque de ma carrière, monsieur, je ne brigue pas un poste en politique ni ne souhaite devenir haut fonctionnaire comme vous, sauf votre respect. Venir dans ce bureau n’a qu’une ambition, avoir les moyens de défendre la population contre un malade du couteau qui chercher peut-être déjà sa future victime. Mon secteur sur Parsec Avenue est gigantesque et la trentaine de robots du commissariat ne permettront pas l’arrestation de ce gaillard. Notre vidéo-surveillance est une antiquité, nos drones sont la proie des revendeurs de pièces détachées et les robots sont usés en faisant des marches interminables. Nous faisons aussi face à l’hostilité d’une population qui est oubliée et méprisée. Il est de votre devoir d’empêcher un nouveau massacre !
-Vous voulez des effectifs mais nous courons derrière également, Onda ! Que vous soyez coupable ou innocent des accusations sur Rodia m’importe peu. Tout ce qui compte, c’est le travail que vous devez fournir ainsi que vos collègues synthétiques. Vos effectifs correspondent à l’évaluation qui a été produite pour votre secteur. Vous devrez vous en contenter. Nous n’avons pas les moyens humains, matériels et financiers de vous apporter un quelconque soutien.
Jeleema reste silencieux. Il s’attendait à un peu plus de considération pour ce quartier populaire même s’il est loin de la surface. Que l’on soit pauvre ou riche, la protection devrait être équivalente et la pitoyable évaluation dont a parlé Bleigh a toujours été un moyen de faire des économies sur le dos des personnels et des matériels.
-Merci de votre visite, mais dans l’immédiat, je ne vois pas comment vous pourriez obtenir gain de cause pour votre requête, inspecteur. Jooilind reste assis, impassible, se moquant éperdument du sort de cette population. Bleigh n’est guère plus réceptif alors que la révolte gronde tel un volcan dont le magma s’approche dangereusement de la surface jusqu’à ce qu’il déborde sans que rien ne puisse le stopper par la suite.
-Puis-je émettre une dernière requête avant de me retirer ?
-Faites vite, inspecteur, nous sommes pressés. Bleigh ne regarde déjà plus le Rodien et se concentre sur une feuille posée sur son bureau.
-Si la police n’a pas les moyens de fournir des effectifs suffisants, peut-être que nous pouvons embaucher du personnel qui ne coûterait rien ?
Jooilind regarde Bleigh , interrogatif. Il a beau cherché, il ne voit pas où trouver des gens travaillant gratuitement.
-A quoi pensez-vous, inspecteur ? Bleigh est tout aussi dubitatif.
-Je me disais qu’un chevalier Jedi pourrait peut-être m’épauler de belle manière. Après tout, ils protègent la paix entre les peuples. L’un d’eux pourrait rendre de fiers services au commissariat et nous aider à tous pour appréhender ce meurtrier avant qu’il ne recommence.
Bleigh s’interroge sur le bien-fondé d’une pareille entreprise. Les Jedis sont désintéressés et ne jugeront pas la population de Parsec Avenue mais ils ne sont pas populaires dans des quartiers aussi déshérités. Néanmoins, il s’agit d’une possibilité car les chevaliers sont disposés à garantir la sérénité même lorsque le brasier est sous-jacent. Un coup d’œil à Jooilind pour être certain de fournir la bonne réponse et Bleigh s’épanche enfin.
-Je vous accorde ce droit, inspecteur. Je vais demander à ma secrétaire d’entrer en contact avec le Conseil pour qu’ils choisissent l’un d’entre eux pour vous prêter main forte pour cette enquête. Etes-vous satisfait désormais ?
-Tout à fait, monsieur. Encore mes excuses de vous avoir dérangé au pied levé. Onda sort du bureau sans même un regard à Jooilind. Il sait que ces deux bureaucrates l’ont toisé et que le mépris était évident mais avec cette affaire de corruption, il ne pouvait espérer mieux. Onda est marqué au fer rouge et il faudra du temps pour que se tassent ces accusations.
-Je ne vois pas pourquoi le Conseil enverrait un Jedi pour renforcer les effectifs de ce district. Vous avez bien manœuvré, Bleigh.
-J’espère au contraire que les Sages répondront favorablement à ma requête. Ainsi, Onda ne viendra pas tambouriner à ma porte tous les quatre matins et se concentrera sur son travail.
-Vous l’imaginez coupable de ces accusations ?
-Il ne me semble pas être fait de ce bois, monsieur. C’est un être qui s’est élevé à force de volonté et de caractère. Le peu d’argent qu’avaient ses parents lui était destiné pour qu’il puisse vivre hors de ce ghetto avec un bon emploi. Il a étudié, a eu ses diplômes puis a réussi les épreuves d’entrée à la police. Il a ainsi pu quitter les bas-fonds pour aller exercer dans son monde natal.
-Donc, son cursus le rend incorruptible selon vous ? Jooilind semble perplexe. Personne n’est incorruptible car l’argent, les femmes, le luxe, tout tourne la tête à qui a un point faible.
-Je le crois plus persévérant que quiconque dans ce métier. J’ai rencontré de nombreux hommes durant ma carrière et peu ont l’étoffe d’Onda. Qu’il soit Rodien le rend encore plus fascinant car c’est un peuple souvent belliqueux. Il vaut bien des humains. Il mériterait un poste bien supérieur à celui d’inspecteur. Il est droit et juste. Il ne renoncera pas avant d’avoir arrêté l’assassin de cette fille.
-Nous garderons cela en tête, fait Jooilind. Maintenant, revenons à nos affaires.

postée le 22-12-2012 21:54
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Parsec Avenue - Chapitre 1

Coruscant n’a pas toujours été cette tentaculaire cité. Derrière les immeubles, le défilé ininterrompu des véhicules et l’activité organique en surface ou en profondeur, il y a une planète qui n’a pas été juste un amas de matériaux industriels et manufacturés assemblés. Une planète avec une vie propre qui est aujourd’hui dissimulée par des constructions épiques, vertigineuses, qui tutoient le ciel et l’espace. Comme si l’habitant se prenait pour Dieu en voulant atteindre des sommets tel Icare s’envolant vers le soleil.
Mais il est des destins qui se rejoignent et Icare n’est pas le seul à être tombé alors qu’il s’approchait du Divin. Nombreux sont ceux qui ont essayé de se prendre pour le Créateur, dans des domaines variés comme le clonage, l’architecture ou bien la guerre. La guerre, c’est l’œuvre de la Mort qui fond sur la Vie. Coruscant, c’est la Vie qui tente d’empiéter sur la Vie. Qui peut affirmer que sous cet amas d’acier, d’usinage et de modernité se terre une planète à la base verdoyante, riche en biodiversité où les animaux peuplent de vastes prairies avec des paysages entiers d’une beauté infinie ? Qui est le dernier à avoir foulé le sol même de Coruscant et non un morceau de béton ou de ferraille ? L’industrialisation a dénaturé Coruscant en faisant du centre de la République un monde à part, un monde déshumanisé, froid où l’intelligence organique a transformé un univers prospère en une expérience de laboratoire devenue incontrôlable. Où que le regard se porte, il n’y a que des gratte-ciels, des spatio-ports, des véhicules volants, des machines, des usines. Rien de bien naturel. En tout cas, pas la nature de la Nature mais juste la nature de l’homme et de toutes les races intelligentes qui sont devenues conquérantes sur la Création de Dieu, des Dieux, pour devenir finalement supérieurs. Des divinités encore au-dessus des Créateurs.
Mais chaque médaille a son revers et Coruscant n’échappe pas à la règle. Cette ville est devenue un fruit trop mûr prêt à tomber au sol et à éclater car trop gorgé d’eau, de sucre, trop longtemps resté pendu à sa branche sans être cueilli. Un fruit devenu trop bon pour les uns et nauséabond pour les autres. Coruscant st devenu un cloaque. Une poubelle. Un tas d’immondices dont les effluves remontent parfois à la surface pour venir incommoder les plus riches, les nantis, ceux qui exploitent les bas-fonds pour se remplir les poches et augmenter le pouvoir dont ils disposent. Mais si l’odeur vient parfois chatouiller les narines de ceux qui sont dans la soie, elle ne dérange jamais assez pour que les choses changent en bien. Ces gens-là profitent du système, des systèmes, pour exploiter sous couvert de politique, de business, d’affaires. Ce que les riches jettent aux ordures, les pauvres les recyclent pour les exposer chez eux. Ce que les riches ne trouvent pas assez bien pour eux, les autres en font une relique absolue presque déifiée. Un clivage total pour une planète à plusieurs vitesses dont le sous-sol recèle des misères que ceux qui voient la lumière du soleil ne saurait imaginer. L’intérieur de Coruscant baigne dans la crasse, le stupre, l’argent sale, les magouilles, la mort à chaque coin de rue, la violence, la déchéance, la tristesse, l’exploitation des êtres, la misère. L’exact contraire de ce que croient faire les plus aisés alors qu’ils sont assis sur une poudrière qui ne demande qu’à s’enflammer pour tout faire exploser. Les années passant n’ont rien arrangé. Plus la surface se développait, plus le cœur de la cité devenait dangereux et puant. Plus les buildings grimpaient, plus la misère se répandait. Coruscant, le centre névralgique de l’univers est aussi un territoire bien plus incivique et pathétique que n’importe quel endroit louche dans le reste de la galaxie. Et si la surface dicte ses lois à la République, il y a fort longtemps que les édits votés au Sénat n’ont pas lieu dans l’entrelacement des artères glauques des niveaux inférieurs. C’est un monde avec ses propres codes, ses propres frontières et une existence indépendante du reste de la planète.
La beauté des statues de l’art républicain près du Sénat ne brille pas ici, au fond. La courtoisie des salons n’est guère de mise lorsque l’on se parle en regardant partout que rien de mal ne va arriver. La méfiance est synonyme de survie. Pour survivre, il n’y a aucune confiance à accorder. Se fier à l’autre est une mort presque assurée. Il n’y a que quelques partenariats tolérés qui permettent d’avancer au quotidien, quelques procédés, quelques alliances qui fournissent la survie pour une journée supplémentaire. Les associations se font et se défont. Les partenaires d’un jour sont les ennemis du lendemain. L’argent et le pouvoir motivent chaque action mais pour chaque personne occupant une petite place dans l’ombre souterraine de Coruscant, la simple survie est une activité si prenante que la mort est une pensée récurrente. Elle occupe le temps et l’espace. Il n’est pas rare de voir des enfants mendier sous les lumières des officines et des commerces. Nombreux sont ceux qui ne verront jamais la lumière du jour, à la surface. Prendre un ascenseur pour s’élever d’un niveau vers un éventuel sort plus clément est même inenvisageable. Naître dans un niveau, résider dans un district, une rue, est souvent une condamnation perpétuelle.
La mort rode partout. Près des centres d’activités où la population converge, comme les bars, les règlements de compte pleuvent. Un simple marcheur peut être abattu pour ses chaussures et se procurer une arme pour faire subir sa loi est plus simple que d’obtenir assez de nourriture pour apaiser la faim d’une famille moyenne. Quand on a rien à perdre, tuer devient aussi simple que respirer. Il ne suffit pas d’être une véritable cible pour devenir une proie, il suffit d’exister. Dans un quartier chaud, tout est prétexte, même la simple envie. L’envie de dominer, d’exercer un pouvoir, d’être plus que le quidam que l’on croise.
Et la police est si peu présente que tout semble permis, tout peut s’autoriser, que ce soit réfléchi ou sous le coup d’une simple impulsion. Le Sénat dépense des fortunes pour assurer que la République aille bien là où on la voit, dans les endroits respectables mais se contente de quelques crédits pour défendre les citoyens dans les circonvolutions de son antre moisie. Il y a quelques robots qui arpentent le pavé, quelques unités anti-émeutes, des drones qui scrutent les méfaits pour aider d’antiques caméras de surveillance bien souvent hors d’état de service. Il y a des postes de police pour chaque district mais le rôle des forces de l’ordre s’apparente à un Jawa devant contenir un Rancor. Tout le contexte est défavorable à l’autorité. La seule autorité qui soit si proche des enfers, c’est la loi du plus fort.
C’est une soirée comme les autres près du Odd’s Place, un bar d’envergure abondement fréquenté chaque fin de journée. Il y a ceux qui ont eu un boulot et qui viennent s’offrir un moment de détente en dépensant les maigres crédits difficilement acquis en sirotant un alcool ou bien en restant assis dans un coin en s’adonnant à la dernière drogue à la mode, puis ceux qui ont détroussé quelqu’un et qui viennent profiter de leur larcin. Il y a plus de monde à l’intérieur de ce bar que devant, dans la rue. Les bagarres partent plus vite que les commandes et les coups de poings fusent rapidement hors des limites du troquet avec parfois une fin tragique au son d’un blaster. Un robot-policier intervient alors plutôt rapidement mais il ne peut que constater ce qui vient de se produire. A chaque fois, personne n’a rien vu, ni rien entendu. C’est la loi du silence qui prévaut. Il n’y a rien de pire qu’un mouchard, tout le monde le sait. Celui qui parlerait s’exposerait à une sanction bien pire que la mort à tel point qu’il finirait par la souhaiter. Le châtiment suprême serait une bénédiction, un soulagement plutôt que d’être le jouet de tortionnaires sadiques voulant faire un exemple pour les autres avec un collaborateur de la police. Tout le monde a entendu parler de certains qui ont eu la langue un peu trop pendue, comme Jngoas Eolas. Il pensait qu’être humain au milieu d’une communauté majoritairement humaine serait une protection. Quand le dealer d’Osmose a donné son fournisseur au lieu d’aller en prison pour son trafic, les consommateurs se sont vengés. Parait-il qu’il a été une cible durant des jours. Certains ont entendu ses cris, parfois même des hurlements que même un animal sauvage blessé ne pousserait pas. Il a été retrouvé dans un caniveau, le corps arborant des milliers de coupures sur la peau, des brûlures à n’en plus finir, des os brisés un à un… la liste des « attentions » sur son cadavre est longue. Tout le monde se doutait de qui avait fait le coup. Personne n’a parlé. Une balance venait de trinquer, inutile de fournir un nouvel indic. La loi du silence était signe de survie. Puis donner des consommateurs d’Osmose, à quoi bon ? Dégager un danger des rues ? Il y a tant de dangers près du Odd’s Place, du Fan’Asy ou du Club Titania que faire fuir les drogués seraient s’exposer au courroux des vendeurs d’Osmose ou de toutes les substances à la mode. L’exemple subi par Jngoas Eolas est dans toutes les mémoires et s’en souvenir, c’est faire un pas de plus.
Oui, la mort est à chaque centimètre de cet enfer souterrain. Parler, c’est mourir. Vivre, c’est essayer d’éloigner la mort chaque jour une nouvelle fois. Alors il faut s’adapter et laisser faire le cours des choses. Sans forces de l’ordre, sans l’autorité du Sénat ou sans de preux Jedis voulant faire un peu ménage dans ces contrées oubliées de la République, survivre est la priorité, par quelque moyen que ce soit.
Il y a une forte ambiance ce soir au Odd’s Place, certains ont eu leur salaire et les alcools coulent à flot. Les clients rient de bon cœur et on les entend jusque dans la rue. Il y a un petit orchestre local qui fait la manche dans un coin du bar, sous les écrans des sports. Les parieurs sont devant les retransmissions avec leurs tickets en espérant toucher la grosse somme qui leur permettra d’évacuer ce secteur lugubre. L’adrénaline est toujours aussi forte à chaque départ de course, à chaque match mais la déception est également toujours aussi grande à chaque défaite. Le peu de crédit dont dispose ces joueurs part en fumée inlassablement au fur et à mesure de la soirée. Par dépit, ils finissent par se noyer dans l’alcool ou bien avec un Bâton de la Mort. L’alcool est souvent un moyen d’oublier sa condition. Que l’on soit un simple pauvre, mendiant, un joueur ou une prostituée occasionnelle, l’alcool est l’exutoire préféré. Peu cher, fiable avec un effet euphorisant rapide, il est un remède temporaire à la condition organique locale. Quelle que soit la race et l’espèce, tout le monde trouve son compte avec une bonne bouteille et ce soir, que l’alcool coule à flot !
Devant le bar, quelques enfants font l’aumône et tentent de chiper quelques pièces à des badauds trop ivres pour se défendre. Certains se font subtiliser de gros crédits pour le lieu, d’autres quelques minuscules miettes mais c’est souvent suffisant pour qu’un enfant s’offre un rapide repas chaud auprès d’un camelot ambulant. D’autres n’ont pas cette chance et crèvent littéralement de faim dans les égouttoirs au coin des bars. Personne ne leur offre à boire ou à manger. Trop faibles pour mendier, ils agonisent dans l’indifférence totale jusqu’à la mort. Au petit matin, les unités de nettoyage chargent les corps pour le crématorium où ils sont aussitôt brûlés. Personne ne réclame jamais les corps ainsi trouvés. Uniquement à cause des frais de crémation. On pleure en silence les disparus.
L’ambiance est bonne mais pas trop chaude. Ylsa Marusa en profite même pour rire avec ses amies devant le Odd’s Place. Un rire pour oublier la difficulté de l’existence.
-Je te jure qu’il m’a offert huit crédits pour la passe, fait la Twi’lek. Je devrais en faire d’aussi belles plus souvent ! Ylsa Marusa est enthousiaste car les clients se font un peu rare ces derniers temps et une passe à huit crédits lui permet de manger et de dormir tranquillement une nuit. Pour sept crédits, elle a tout cela à la permanence des religieuses de la rue 58. L’ultime argent lui sert à payer son alcool pour la soirée et d’être bien avec ses amies.
-Tu nous dis n’importe quoi, personne ne paie autant pour attraper une Twi’lek ! La Céréene i-Lim est bien septique devant le récit de sa comparse pendant qu’une troisième femme, une Lannik, rit tout en avalant un verre d’alcool.
-Je te jure que si ! Ylsa est si imbibée qu’elle s’emporte aussitôt après avoir été contredit. Il m’a emmené dans la ruelle 37 l’autre soir et m’a bien payé parce qu’il était content !
-Et qu’as-tu fait pour qu’il soit si content, fait une Mirialan. La ruelle 37 est bien peuplée le soir et personne ne t’aurait fichu la paix pour que tu fasses ton affaire.
-Il était tard et tout le monde était au bar, j’étais tranquille. Il m’a même promis de m’emmener à la surface un jour.
La Lannik se met à rire de plus en plus fort. Elle ne croit pas un mot du beau discours de sa collègue de rue et le Bâton de la Mort commence à bien faire effet. Avec l’alcool, à chaque fois, c’est la détente assurée. Elle rit pour un rien et entendre une telle ineptie est une bonne rigolade.
-Pourquoi tu ris ? Je ne suis pas plus laide qu’une autre, fait Ylsa.
-Tu crois encore et toujours à ce fameux prince charmant qui te sortira de ce trou à rats, ma vieille ! Regarde-toi, regarde-nous ! Qui voudrait emmener une fille de la rue à la surface ? Elle se remet à rire de plus belle et la Twi’lek pouffe devant la moquerie de sa copine.
-Arrêtez de vous chamailler, les filles, fait une humaine. Nous ne sommes pas à notre avantage avec ce quartier minable alors essayez de bien présenter au moins pour tenter de faire une passe dans la soirée pour aller pioncer chez les religieuses. Et toi, tu devrais arrêter de boire et de prendre des Bâtons, elle ne laisse pas entrer celles qui sont défoncées, tu le sais, dit-elle à la Lannik qui titube davantage qu’elle ne marche.
-Il est tôt et j’ai toute la nuit pour dégoter de bons clients pour faire passer le temps. Si je ne dors pas chez les sœurs, tant pis, j’irais à mon endroit habituel.
-Un bout de trottoir derrière une benne à ordures, c’est ça ta solution pour continuer à picoler comme tu le fais ?
-Tu te prends pour ma mère ? L’humaine semble dépitée devant l’attitude désinvolte de la Lannik. Je fais ce que je veux avec mon argent et si ces religieuses ne veulent pas de moi, c’est que je suis trop bien pour elles et leur couvent décharné ! Impossible de lui faire entendre raison, elle a trop bu et la drogue mélangé à l’alcool la rend totalement susceptible. C’est pourtant une gentille fille mais dès que la soirée débute, elle se détruit à petit feu et il n’est pas rare qu’elle finisse effondrée derrière sa benne à ordures, comme une simple loque. Le triste sort de nombre de filles des rues.
-Calmez-vous, fait Ylsa, pas la peine d’ameuter un policier ou un drone, on sera bien avancé si on se fait embarquer au poste.
-Ca se voit que tu n’es pas une ancienne du quartier, dit la Céréene, les robots ne disent rien quand ils nous voient. Tant que l’on ne tire pas dans la rue ou dans les bars, ils nous fichent la paix. Les cellules du poste sont si minuscules qu’un Ugnaught y serait à l’étroit ! Il faut juste ne pas se faire choper avec un client pendant que tu le fais, c’est tout. Ne t’en fais pas pour la police, c’est inexistant.
-Ouais, tu as plus de chance de croiser un Jedi qu’un de ces fichus robots ici, dit l’humaine en descendant une rasade d’alcool de sa flasque qu’elle range ensuite dans sa besace.
-Allez les filles, on y va et soyez prudentes quand même, fait la Céréene en leur faisant un petit signe de la main. On se retrouve dans deux heures ici. L’ambiance est toujours bonne devant le Odd’s Place et les rires fusent toujours autant de l’intérieur.
-Ouais, au boulot, fait la Twi’lek. Avec un pincement au cœur, les filles se séparent dans une direction opposée chacune. Elles partent chacune vers une grosse artère avant de bifurquer vers de petites rues moins fréquentées mais où le client divague régulièrement par souci de discrétion. Il est beaucoup plus facile d’embarquer un client dans un coin sombre que devant les bars. L’affaire se conclut toujours très vite et il suffit de trouver un renfoncement, un recoin, un endroit plus sombre pour céder aux avances des clients.
Mais c’est toujours une activité dangereuse. Les sous-sols de Coruscant ne sont pas seulement des cloaques, ils regorgent de malandrins en tout genre et la misère sociale n’arrange rien. Des filles se font régulièrement attaquer pour se faire voler les rares crédits qu’elles arrivent à gagner et la majorité se promènent avec un couteau pour se défendre, ou tout autre objet qui peut leur permettre de repousser un agresseur, sauf un blaster car c’est trop gros et le temps de le pointer, il est trop tard. Les situations sont parfois un peu chaudes quand les filles croisent des mecs sous l’emprise de la drogue qui veulent se la jouer gros dur mais qui tiennent à peine debout. Il y a aussi des bandes qui rackettent certaines rues et parfois, des malheureuses trop alcoolisées marchent en oubliant quels endroits éviter. Elles sont molestées au point souvent que leur vie ne tient qu’à un fil, juste parce qu’elles ont trop bu.
Deaj Log, l’humaine du petit groupe, marche tranquillement dans des ruelles sombres et peu engageantes. La 24 puis la 72 pour revenir sur une rue plus éclairée mais tout aussi glauque, la 28. Elle devine derrière un speeder hors d’usage un couple s’offrant du bon temps. Dommage d’être en retard pour celui-là, pense-telle mais la soirée ne fait que commencer. La concurrence est rude mais il y a beaucoup de filles exotiques qui n’attirent pas les humains, une chance pour elle. Voilà pourquoi elle s’est peut-être acoquinée avec ses trois comparses d’autres espèces. Un humain sera difficilement attiré par une lannik, même si ça peut arriver. Il faut de tout pour faire un monde, même si cela peut paraître bizarre et presque contre-nature.
Deaj arpente encore et encore les rues. Ses chaussures de quatre sous la font souffrir mais c’est son destin. Son unique chance de survivre, c’est en marchant dans ce dédale obscur alors même si elle voudrait se poser et ôter ces maudites chaussures, il faut continuer à avancer.
Elle distingue une forme organique au fond de la rue 39. Quelques mètres après, c’est la bifurcation qui amène jusqu’à Parsec Avenue, un petit sobriquet que tout le monde donne à cette rue sans fin qui s’étire si loin que certains croient qu’elle fait le tour de Coruscant pour revenir au même endroit, comme une ligne parcourant le globe, d’où ce nom. Toujours aller droit dans Parsec Avenue, c’est forcément revenir sur ses propres pas au bout d’un moment.
La forme semble immobile. Il n’avance pas. Attend-il ? S’il attend, il est pour moi, fait Deaj intérieurement tout en appréhendant la rencontre. Elle force le pas tout en épiant bien la personne, plongée dans la pénombre. Visiblement un humain, pas une de ces saletés d’Ithoriens qui veulent toujours s’offrir une pute humaine. Pourquoi pas un Tusken tant qu’ils y sont ?
Deaj ralentit son allure et arrive à hauteur de l’homme. Mystérieux, plongé dans l’obscurité d’un balcon qui cache la lumière du lampadaire de la rue, enfoui sous une toge avec la capuche relevée, calme, il semblerait être un Jedi descendu au fin fond des catacombes de la République, ou plutôt perdu ! Personne n’a jamais vu de chevalier dans les environs. Que viendraient-ils faire ici d’ailleurs ? Boire un verre ?
-Bonsoir, fait Deaj. Vous vous promenez seul ? La respiration de l’homme se fait plus rauque.
-Bonsoir. Je cherche mon chemin mais je suis certain que vous pourrez m’aider à le retrouver avec ça. L’homme tend sa main et montre une dizaine de crédits, une forte somme pour ce genre d’activité à ce niveau de Coruscant. Deaj se met à sourire devant l’argent clinquant mais aussi à l’écoute de ce curieux bonhomme. Elle avait entendu toute sorte d’approche fallacieuse, irrespectueuse ou grossière, mais avec une phrase innocente, c’était bien la première fois.
-Où veux-tu que je t’emmène, mon chou, fait Deaj avec une voix lascive et en s’approchant de l’inconnu.
-Dans un monde meilleur. L’homme mystérieux saisit le bras de la prostituée puis l’attire à lui tout en lui enfonçant la lame d’un couteau dans l’estomac. L’acier transperce les chairs dans un bruit de tissu déchiré. Le sang ruisselle rapidement sur la main de l’agresseur tandis que Deaj est paralysée par la douleur. L’infortunée se retrouve piégée, loin de ses amies pour la défendre. Elle entend de l’agitation au loin. Probablement les clients du bar de Parsec Avenue qui s’amusent alors qu’elle se vide de son sang. Elle est incapable de crier pour appeler de l’aide. Tout juste parvient-elle à mettre une main sur le couteau toujours enfoncé dans la plaie dégoulinante d’hémoglobine. L’inconnu met la main sur la bouche de Deaj puis la plaque dos contre le mur avant d’arracher le couteau des entrailles de la pauvre prostituée. Le choc est aussi virulent que lorsque la lame est entrée dans le corps pour la première fois. Privée de réflexes, la pauvre humaine voit son agresseur amener tranquillement la lame de son arme près de sa gorge et l’enfoncer inexorablement dans son cou, d’un côté à l’autre. Le sang gicle comme d’un robinet et les chairs se fendent comme une pêche bien mure. L’inconnu libère la bouche de Deaj qui ne peut plus s’exprimer. Elle s’écroule de toute sa masse sur le sol sans trop de bruit. Le sang coule sans répit des veines et se disperse en une flaque immonde tandis que l’inconnu regarde autour de lui. Personne d’un côté comme de l’autre. Le bruit provient toujours du bar au loin. Aucune âme en vue dans la rue 39. Personne en hauteur aux fenêtres.
Il actionne un bouton sur son avant-bras et un petit droïde arrive du ciel silencieusement. Sans un bruit, la machine se met en vol stationnaire tandis que l’homme se met à genoux pour continuer son travail sur la pauvre femme exsangue qui succombe lentement à ses blessures. Le couteau s’acharne avec frénésie sur l’abdomen et le bas du ventre. Les vêtements lacérés sont jetés sur les côtés de la victime tandis que des lambeaux de chair sont retirés du ventre. L’inconnu fait parcourir son couteau dans tous les sens, longeant bien les côtes puis redescend jusqu’au bassin, aux cuisses puis saccage tout ce qu’il trouve. Il ôte les intestins et les dispose sur une épaule de Deaj tandis que le foie est placé sous la nuque. Le tueur coupe le bout du nez puis revient en bas. Il mutile l’utérus de sa victime avant de l’arracher fébrilement, sans un mot, dans une furie contrôlée. Sans un bruit, juste le tranchant du couteau qui s’insinue dans la viande humaine.
La mare de sang s’étend désormais jusqu’à la lumière du lampadaire. Voici une dizaine de minutes que la pauvre Deaj est allongée, privée de son existence. Le temps passe et plus l’acte dure, plus l’inconnu a de chances d’être vu et peut-être même capturé. Un rapide coup d’œil le réconforte : il est toujours seul. L’adrénaline augmente son plaisir. Il sent qu’il est presque aux portes de la jouissance et il n’imaginait pas que de commettre un meurtre serait si bon. Une telle extase n’était pas imaginable et il n’en avait jamais connu d’aussi forte, puissante et rapide. Une intensité nouvelle juste en massacrant une pute dont tout le monde se moque éperdument. Qui pleurera son sort ? La République se moque des gens de son espèce, de ces pauvres hères pullulant dans les égouts de Coruscant. Elle faisait partie d’une gangrène. Qui maudira le sort de ce microbe ?
La sueur coule sur tout le front de l’inconnu. Il ne prend pas la peine de s’essuyer. Il se relève et contemple son œuvre. La fille est dispersée comme dans un étal de boucherie. Le travail est splendide et le tueur satisfait. Il se sent apaisé, empli d’une plénitude totale. Un instant de délicate douceur envahit son être à la vue du cauchemar sanguinolent qui est répandu sur le bitume de la rue 39.
Il se tourne vers le droïde qui attend toujours patiemment. Celui-ci ouvre son coffre de rangement et le tueur y glisse son couteau ainsi que sa chemise trempée. Il s’essuie les mains sur les parties propres de son vêtement puis frotte bien avec son pantalon, également imbibé de matière rouge. Il replie soigneusement la toge et attrape des habits propres dans le droïde. Toujours pas âme qui vive dans les environs. Il prend le temps de se changer entièrement. Il se dit qu’il a bien fait de remplir le droïde avec toutes ces rechanges car il n’imaginait pas qu’il y aurait tant de sang. Il aimerait emmener un trophée de sa victime mais il a peur d’être aperçu. Il range la toge dans le coffre du droïde qui file ensuite vers les altitudes du niveau tandis que l’homme se dirige vers la rue 5. Il contemple une dernière fois son travail. Il est satisfait. La prostituée git près d’immondices, sa juste place. Il marche ensuite tranquillement, la tête baissée protégée par une capuche attenante à son veston et finit par croiser deux hommes sortant probablement d’un bar vu leur état d’alcoolémie. Ceux-ci déambulent nonchalamment dans la rue 39 et finissent par remarquer le corps de Deaj dont seul le sang révèle l’existence à la lumière. L’inconnu bifurque pour aller vers Parsec Avenue et entend les deux hommes crier à l’aide comme si la fin du monde allait s’abattre sur eux. Quelques badauds tendent l’oreille et se dirigent par curiosité vers la rue 39 tandis que le tueur, tout sourire intérieur, marche incognito dans Parsec Avenue, le plaisir s’accumulant toujours dans ses veines. Personne ne fait attention à lui. Personne ne remarque qu’il vient du lieu du meurtre. Son cœur bat la chamade. Jamais il n’avait eu autant d’excitation et de satisfaction en si peu de temps.
Mais jamais il n’avait tué. Et désormais, il lui tarde de recommencer.

postée le 20-12-2012 15:08
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Nouvelle fiction à venir

Je travaille actuellement à une autre fan-fiction. Ce sera beaucoup plus cru, brutal et vous plongera dans les entrailles de Coruscant à travers un célèbre fait divers à la sauce Star Wars.
Son titre : Parsec Avenue!

postée le 18-12-2012 12:25
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Les Cendres De La République

Voilà, tout a une fin. Peut-être y aura-t-il d'autres fictions? En tout cas, j'espère que vous aurez apprécié!

postée le 06-12-2012 16:22
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Chapitre 27

De retour à Coruscant, Vador est songeur. Il supporte mal cette armure déshumanisante où il n'est q'un rouage au milieu d'une machinerie infernale qui le condamne à l'obscurité de cet horrible masque sans qui la vie est impossible. Il a remarqué les regards en coin, les attitudes, la flagornerie. Il est dévisagé, méprisé ou bien craint. Ce nouvel attirail ne laisse personne indifférent et provoque énormément de gêne. Il n'y a guère que Tarkin qui ne semble guère impressionné ou rebuté par ce costume sinistre. Homme de tempérament ne se laissant pas influencer dans ses jugements, Tarkin ne cherche pas à savoir si l'armure fait l'homme. Tarkin ne veut que des résultats positifs et partage avec Vador une certaine vision de la galaxie et de l'Empire.
Dans ses appartements, un droïde médical l'a retapé. Son système de survie était endommagé et il lui manquait une main. L'intervention du droïde a été rapide mais délicate car sans ce plastron automatisé, Vador n'est qu'un homme dont les chairs brûlées sont une torture de chaque instant. Le bacta fait son effet mais le Sith se sent totalement diminué. Il était un jeune homme dont la destinée ne devait pas être celle qui est sienne aujourd'hui - caché par un sarcophage lugubre et tenant plus du robot que de l'humain. Lorsque Dark Sidious l'a adoubé, il était encore Anakin, un jeune Jedi dont les prétentions ont conduit l'Ordre Jedi vers une fin nécessaire. Il était en pleine possession de ses moyens, il était fort, vigoureux.
Il n'est plus qu'un blessé avec des soins permanents.
Son maître doit être déçu. Il l'est certainement car l'Empereur savait quelles étaient ses capacités. Vador était promis à un magnifique avenir pour faire plier l'univers aux ordres de son dirigeant. Le côté obscur allait lui permettre de submerger ses adversaires par des éclairs puissants et par un regard froid, ambitieux et sans pitié. Vador est plus jeune que le dernier apprenti de Sidious, le renommé Comte Dooku que Sidious avait appelé Tyrannus, il devait donc écraser tout ce qu'a fait le vieux Jedi. Sa fougue et ces nouveaux pouvoirs devaient en faire un être totalement supérieur.
Dooku rirait maintenant. Physiquement, Vador est bien en dessous de ce qu'était Tyrannus. Sur l'Invisible Hand, ce dernier n'aurait peut-être pas eu de mal à terrasser Vador. Tyrannus était vif, imprévisible, fort. Anakin pouvait rivaliser sans problème avec le Sith.
Le contraire de ce qu'est Vador à l'heure actuelle!
Le droïde médical a remplacé la main de l'apprenti mais ne possédant pas de gant, il laisse Vador avec ce membre incomplet. Une situation décadente qui laisse le Sith penser à ce qu'était la vie de Grievous avec uniquement quelques organes dans une poche et un bout de sa tête calfeutré dans un masque. Mais le Séparatiste semblait fier de son apparence et en tirait avantage avec ses bras se dédoublant. Là, cette cape et ce costume sont un cercueil pour être vivant. C'est intimidant pour ceux qui sont confrontés à Vador mais un bien amer privilège! Même la voix semble provenir d'outre-tombe! Mais pour quelqu'un ayant renoncé à la lumière pour s'enfoncer dans les méandres d'un dogme ténébreux, c'est
peut-être le déguisement idéal.
Vador marche dans les couloirs du Sénat et arrive finalement aux bureaux de l'Empereur. Deux neimoidiens en sortent, la tête baissée. Palpatine a probablement convoqué les deux représentants de la Fédération du Commerce pour leur prendre le plus d'argent possible car si la guerre est achevée, son coût reste exorbitant et les vaincus doivent rembourser les dégâts et tout ce qui a découlé du conflit. Des dizaines de milliers de vaisseaux, des croiseurs, des milliards d'êtres déplacés, la création d'une armée de clones, tout cela va sortir des comptes de la cupide Fédération. La Clan Bancaire et le Techno-Syndicat vont aussi mettre la main à la poche pour remettre la galaxie à flot, quitte à saigner les vaincus jusqu'au dernier crédit.
Vador s'agenouille devant le bureau de l'Empereur.
-Debout, mon ami, fait Palpatine. Tarkin m'a fait le compte-rendu de l'offensive dans le système Paw et je ne suis pas très satisfait du résultat des troupes.
-Les troupes ont fait ce qu'elles pouvaient, Maître. L'ennemi était puissant et nous sommes arrivés trop tard pour sauver le complexe de ce système. Vador cache sa main du mieux qu'il peut en se relevant.
-Je sais aussi que vous avez de nouveau affronté votre ancien mentor mais que celui-ci a filé. Il a même réussi à vous diminuer une nouvelle fois.
-Je ne suis pas encore à l'aise avec ce costume et mes blessures me font toujours souffrir.
-Assez, Seigneur Vador! Vous entendre gémir comme un enfant est insupportable! Ce n'est pas la voie des Siths. J'ai tenu à ce que vous soyez mon apprenti, non pas à entendre des excuses. Vous avez failli, Seigneur Vador. L'usine de Paw est en miettes, Kenobi vous a encore battu. Vous ne me donnez guère de satisfaction pour l'instant.
-Obi-Wan m'a parlé de cette usine et m'a confié que des cellules de Jedis y étaient traitées pour féconder une nouvelle armée de clones sensibles à la Force.
-C'est exact, mon ami. Les Jedis ont trahi la République et vous ont fait miroiter ce qu'ils ne vous auraient jamais offert. Ils n'ont pas montré beaucoup de respect à votre égard. Toutefois, je pensais que cette usine serait un pas vers de nouveaux Jedis plus serviles que j'aurais formé.
-Pourquoi ne pas m'avoir mis au courant, mon Maître?
-Vous auriez cru que je souhaitais vous remplacer alors que je désirais une Garde Noire, des soldats de notre genre capables de mettre la galaxie à genoux.
-Si j'avais été dans la confidence, deviner le plan d'attaque d'Obi-Wan et de Glarten aurait été aisé.
-Discutez-vous mes ordres et ma façon d'agir, Seigneur Vador? Palpatine et son apprenti marchent le long des fresques Siths des appartements de Palpatine.
-Non, Maître. Je cherche juste à être plus efficace pour l'Empire.
-Alors tenez-vous à ce que j'ordonne, mon ami.
Vador comprend tout désormais. Il n'avait aucune chance d'arriver à temps car Palpatine a gardé des informations. Ni lui ni Tarkin ne pouvaient stopper cette attaque et la destruction de l'usine. Palpatine ne fait pas confiance à Vador et lui ment ouvertement. Son statut de mentor le place au-dessus de tout ce que peut penser ou dire Vador. Ne pas l'informer de l'usine de Paw et le faire y aller si tard, c'est pour mieux l'humilier en suivant, mieux le dénigrer pour que le côté obscur envahisse totalement l'apprenti, que la haine l'envahisse et qu'il haïsse même Palpatine.
Finalement, l'Empereur ne traite pas mieux Vador que les Jedis ne le faisaient.
Il est à nouveau esclave. Esclave d'un homme et d'un pacte avec les ténèbres qui lui ont coûté son humanité et sa femme, sans parler de son ancien maître. Est-ce que Palpatine a trahi Anakin pour le transformer en Vador? Qu'a-t-il pu faire pour que le changement de Jedi à Sith s'opère?
Vador marche et contemple le résultat : des prothèses. Un armure. Un masque qui le déshumanise. Un enfermement total dans une carapace de survie qui éloigne la mort mais qui éloigne également la vie. Plus d'amis, plus d'amour.
Une vie sombre et triste.
Une vie de Sith.

postée le 06-12-2012 16:15
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Chapitre 26

Obi-Wan est désormais bien éloigné du champ de bataille. il distingue encore les croiseurs et remarque quelques explosions significatives dont celle d'une frégate s'écrasant sur un astéroïde. L'opération est un échec réussi car le but était la démolition de cette usine, mais à quel prix! Tous les clones engagés pour une République libre sont voués à une mort certaine et tout le matériel sera pillé, réutilisé ou bien détruit par l'Empire.
Hors de portée des chasseurs, des croiseurs et du piratage de ses transmissions, Obi-Wan contacte le sénateur Organa.
-Heureux de vous entendre, Maître Jedi. La fin de votre dernier message m'a laissé craindre le pire.
-Plus de peur que de mal. Où en est le sénateur Andela?
-Son coup d'état n'a pas réussi. Il a été arrêté et Palpatine va faire appréhender tous ses complices. Par chance, votre avertissement était bon car sans cela, j'aurais certainement appuyé le geste d'Andela.
-Il ne pouvait pas savoir que le jeu était voué à l'échec si près du but. Sa tentative d'intimidation contre l'Empereur ne pouvait réellement fonctionner que si je réussissais ma partie et j'ai malheureusement échoué. Palpatine avait fait bâtir une usine pour des cellules de Jedis devant servir de base pour de nouveaux clones. J'ai été épaulé par des clones n'ayant pas obéi lors de la purge et par un Moff mais si l'usine est ravagée, les pertes sont totales. Il aurait fallu pouvoir garder une force capable de peser politiquement mais rien n'était possible. Vador est venu avec un autre Moff, Tarkin et leurs vaisseaux étaient trop nombreux. Nous n'avons rien pu faire.
-Je crois que de toute manière, Palpatine avait senti le vent tourner et avait mis ses troupes en état d'alerte pour briser l'élan d'Andela. Un simple jeu pour consolider sa place et terroriser les éventuels sénateurs voulant le discréditer ou bien le faire tomber de quelque manière que ce soit. Il a encore marqué des points aujourd'hui et ses ennemis seront peu nombreux à l'avenir tant il a prouvé qu'il pouvait écraser les rebelles au Sénat très facilement.
-Je vais devoir me faire oublier maintenant puisque tout a échoué. Je repars surveiller le jeune Luke. Désormais, il n'y a vraiment que lui pour sauver le futur de la galaxie.
-Bonne chance, Obi-Wan, fait Bail, dépité.
La navette poursuit son chemin et finira par rejoindre un système civilisé où le Jedi pourra échanger sa navette contre un véhicule plus discret avant de rejoindre Tatooine. Privé d'hyper-propulsion, ces petites navettes n'en sont pas moins rapides et Kenobi sait que le temps est finalement son meilleur atout. Il lui permettra d'éduquer partiellement le fils d'Anakin tant qu'Owen n'en apprend rien pour qu'un jour, Luke puisse défier et vaincre Palpatine.
Pendant ce temps, Glarten lutte courageusement. Son Venator est mortellement touché et les tirs d'autres croiseurs du même type s'abattent sans discontinuer sur le blindage mis à mal. Dans les profondeurs du vaisseau, les clones impériaux se battent contre leurs frères ennemis et les morts s'écroulent les uns après les autres dans les couloirs. Petit à petit, les impériaux gagnent du terrain. Ils sont abreuvés de renforts tandis que les clones de Glarten sont de moins en moins nombreux.
Sur le pont, le Moff observe l'espace et donne ses ordres.
-Tourelles babord, visez le croiseur qui vire de bord. Tourelles tribord, continuez sur le vaisseau le plus près. Croiseur de la Fédération, avancez pour éperonner l'Acclamator devant vos hangars.
-Monsieur, fait le droïde commandant le Lucrehulk, si nous percutons ce vaisseau, nos troupes ne pourront plus débarquer par des transports.
-Contentez-vous d'obéir! La priorité est la destruction de cet Acclamator.
-Bien Monsieur. Le droïde fait pousser les réacteurs et projeter le gigantesque vaisseau circulaire contre le pauvre Acclamator, bien moins grand qui est broyé et repoussé dans un fracas de fer et de flammes. Tordu, fracassé, le navire se disloque et se confond avec l'un des deux bras du Lucrehulk jusqu'à ce que son réservoir ne se perce et que le carburant ne s'enflamme. Un déluge de feu projette des milliers de tonnes de matière dans l'espace et l'Acclamator se volatilise tout en arrachant un bon morceau du croiseur de la Fédération. Des milliers de clones sont carbonisés dans l'instant.
Mais Tarkin n'a pas dit son dernier mot. S'il a perdu quelques croiseurs, la bataille lui appartient. Il fait encercler chaque vaisseau ennemi par sa flotte et ses chasseurs qui bombardent les points stratégiques. Rapidement, les forces de la République fondent comme neige au soleil. Rien ne résiste à la déferlante impériale, pas même les chasseurs droïdes qui disparaissent les uns après les autres.
Dans un ultime geste de défi, Glarten fait jeter son propre navire à l'agonie sur un Venator à proximité. Eventré, le vaisseau impérial quitte sa trajectoire et vient s'abimer contre les restes de l'usine avant d'exploser et de réduire en miettes ce qui restait du complexe. Glarten, quant à lui, voit son navire manquer d'énergie. Ce dernier coup a sabordé son navire. Il ne reste plus qu'à attendre l'hallali.
Tarkin fait converger toutes ses forces disponibles vers le Venator du Moff. La pluie de lasers pulvérise rapidement Glarten et son équipage. Les clones impériaux avaient reçu l'ordre d'évacuer avant la mise à mort de ce croiseur. C'en est fait de la flotte républicaine. Les derniers vestiges Séparatistes sont chassés et décimés pareillement. Tarkin a rempli son devoir face à l'adversité pour l'Empire.

postée le 03-12-2012 21:45
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Chapitre 25

L'hémicycle devient silencieux. Là où Andela avait soulevé un ***illégal*** sonore lors de sa prise de parole, l'arrivée de ses troupes et les tirs de blasters dans les couloirs du Sénat ont fait le reste. Chaque sénateur attend désormais patiemment ce qui va arriver, tout en garde une grande dose d'anxiété. La guerre a laissé des traces et le plus récemment, avec la mise à mort des Jedis puis l'invasion de Coruscant par un Grievous tentant un gigantesque coup de bluff. Chacun sait donc qu'en ces temps toujours un peu troublés, tout peut arriver, dans le meilleur sens comme dans le pire. mais personne n'est capable de décrire l'action d'Andela. S'agit-il de l'oeuvre d'un fou ou bien l'ambition personnelle de ce sénateur presque inconnu devient-elle dévorante?
Le calme retrouvé permet d'apprécier pleinement la situation. Chacun se pose dans son siège ou bien reste debout, guettant la suite des évènements. La nacelle d'Andela flotte tranquillement dans le Sénat, faisant face à l'empereur qui regarde le sénateur félon d'un regard amusé et embêté. Palpatine ne semble guère inquiet de ce qui vient de se produire. La menace de la réussite de l'enlèvement de Grievous était bien plus menaçante pour sa personne et pour le Sénat. Pendant qu'il était sur le Invisible Hand, Palpatine a frôlé la mort plusieurs fois. Il semble donc blindé contre les menaces d'Andela et peu enclin aux négociations.
-Notre petite entrevue de tout à l'heure ne semble pas vous avoir dissuadé de mettre votre plan en route, sénateur. Je pensais pourtant avoir été clair. Tous les politiciens découvrent les mots de Palpatine. Il savait! Andela avait tenté quelque chose contre lui de manière plus privée mais sans succès auparavant.
-Vos paroles en disent long sur la manière dont vous traitez vos semblables, Empereur Palpatine mais tout ceci doit prendre fin. Il n'y a pas de place pour votre empire dans la galaxie. Il n'y a que la République qui compte. Et l'ordre. L'ordre que vous bafouez en ayant spolié la place du chef suprême de l'univers en organisant cette guerre destructrice. Vous avez également ordonné la mort des Jedis qui étaient une terrible menace pour vous car vous êtes l'un des leurs.
-Sauf qu'eux veulent la lumière et je ne désire que les ténèbres pour ceux de mon espèce! Les Jedis sont des manipulateurs qui ramollissent la politique qui doit être pratiquée.
Un bruit de fond permanent entoure chaque mot de l'empereur ou du sénateur. Chaque politicien du Sénat discute ce qui se déroule sous ses yeux et la menace des gardes armés semble oubliée tant ce qui se joue ici semble crucial.
-Voilà pourquoi vous avez créé une usine de clonage où les cellules des Jedis doivent être utilisées pour créer des clones sensibles au pouvoir des Jedis? Des soldats que vous pourriez entraîner aux arts et aux talents de ces magiciens? Palpatine se met à rire à gorge déployée tandis que les sénateurs sont dans l'expectative. Andela dit-il vrai? Pourquoi avoir organisé le massacre de ceux qui doivent servir à fabriquer des clones possédant des dons hors du commun?
-Votre vision des choses est si naïve qu'elle en est aussi amusante que pathétique! Les Jedis ne représentaient rien politiquement ni militairement, ils n'étaient que des pions que le Sénat a bougé à son gré dans le sens de ses intérêts. Mais ils étaient décidés à renverser l'ordre établi, aussi ai-je décidé de mettre un terme à leur forfait! Vous maudissez mon pouvoir mais vous en rêvez. Vous me maudissez mais vous voudriez être à ma place. Vous n'êtes qu'un politicien sans envergure, jaloux comme un enfant de ce que son prochain possède!
-Pourquoi créer des clones à partir des Jedis alors s'ils n'étaient rien du tout dans l'échiquier de la galaxie?
-Parce qu'il faut des êtres supérieurs modelables pour que le pouvoir reste en place! Je ne saurais diriger ce monde sans des gens sur qui je peux compter et qui peuvent avoir ma confiance!
-Toutes ces allégations sont terriblement graves, fait le sénateur de Deli Possa. Le sénateur Andela vous accuse ouvertement de crimes épouvantables à votre profit, Empereur! Où se situe la vérité? le bruit de fond reprend de plus belle et Andela, l'espace d'un instant, espère et croît pouvoir renverser Palpatine. Il sent qu'il ne manque presque rien pour que le sort tourne en faveur du renouveau.
Assis dans sa nacelle, Bail Organa observe et suit les sages conseils d'Obi-Wan Kenobi. Il est prudent et ne montre rien. Il ne fait qu'attendre. Il n'est pas dupe et sait que Palpatine est capable de tout pour conserver son poste puisqu'il a tout fait pour l'obtenir, en créant une guerre galactique. Que peuvent donc ce sénateur et sa poignée de guerriers contre un malade mental? Palpatine va tout faire pour écraser Andela comme un insecte.
-Vous voulez la vérité, sénateurs? Vous, détenteurs des plus grands secrets de l'univers, vous me réclamez une vérité que vous n'oseriez même pas envisager! Combien de trahisons et de coups bas vous ont permis de vous hisser là où vous vous trouvez? Palpatine change de ton et devient aussi ferme que lors de la transformation de la République en Empire. La plaisanterie a suffisamment duré.
-Ils sont en droit de connaître ce que vous cachez, fait le sénateur Plud. Sollers et ses planètes sont une aide permanente à l'Empire et nous avons beaucoup fait pour alimenter les troupes qui ont vaillamment battu les Séparatistes mais nous avons tous un devoir envers les peuples, envers chaque personne ayant permis la création de ce sénat : la vérité! Qu'avons-nous fait d'aussi fort et apparemment de repoussant que vous? Notre confrère prétend qu'il existe une usine de clonage à base de cellules de Jedis, où est la vérité? Il dit que vous avez même organisé cette guerre!
-Lequel d'entre vous ne s'est pas enrichi sur le dos de cette guerre, mes amis? Lequel d'entre vous n'a pas profité des temps qui viennent de s'achever? Vos postes vous autorisent à peu près tout en temps de paix et je sais que vous avez bien profité de la guerre pour vous remplir les poches puis vous régaler de tous les plaisirs de l'existence. Alors, si vous voulez la vérité, parlons-en tous!
-Que pourrions avoir fait de si grave que cela puisse être comparable à une guerre? Plud est furieux. Il découvre ce qu'il soupçonnait depuis longtemps, que Palpatine est loin d'être le politicien idéaliste qu'il a toujours prétendu être.
-Vos existences à tous ici mettent cet univers à genoux! Vous vous perdez en débats stériles et en commissions si futiles que vos mondes attendent en vain les réponses et les solutions dont ils ont besoin. Vos envies passent avant vos devoirs et vous osez me prétendre que ce que j'ai fait est mal? Que cette usine existe ou non, peu importe! Que des cellules de Jedis servent à fabriquer des clones, peu importe! Ce qui compte, c'est pourquoi. Pourquoi je fais tout cela!
Palpatine avoue mais le silence pèse sur l'hémicycle. S'il a des torts, Palpatine impressionne. Une guerre! S'il a organisé ce conflit, il est capable de balayer le Sénat galactique d'une pichenette probablement.
-Cette usine va permettre de créer des personnages qui seront plus forts, plus sages et plus avisés que tous les clones réunis actuellement. La Force sera une arme de dissuasion dans toute la galaxie. L'Empire a besoin de se consolider maintenant qu'il existe et il faut des hommes en arme pour assurer sa sécurité. Il y a tellement de pirates et de mafias que ce que Coruscant a mis en place pourrait s'écrouler facilement sans ce que je fais! Je me suis passé de vos débats car nous serions encore en train de parler de la nécessité de cette armée lorsque le premier clone Jedi naîtra. Vous êtes lents et désordonnés. Ce lieu n'est qu'intérêts plutôt que de servir. Voilà ce que vous en avez fait!
-Mes amis, devant le discours de l'Empereur, je demande sa destitution! Plud rejoint donc ouvertement Andela qui jubile sous le courroux de l'ensemble de la salle. Les insultes volent et les reproches également. Palpatine semble en danger finalement. D'autres sénateurs rejoignent le mouvement et demandent la démission de l'ancien Chancelier qui regarde avec mépris ces bureaucrates tout juste capables d'aboyer quand on leur demande de le faire!
Organa s'interroge. Si Andela réussit, les problèmes seront résolus et des élections offriront de nouvelles possibilités à la République qui se passera fort bien de ce tyran de Palpatine. Toutefois, c'est un adversaire redoutable. Il a prouvé qu'il pouvait tenir l'univers dans ses mains et jouer avec.
Soudain, des tirs retentissent dans les couloirs. Des cris également. Les gardes d'Andela font feu autant qu'ils peuvent. Le sénateur renégat observe, anxieux et ne comprend pas. Les soldats du Sénat sont neutralisés et personne n'est au courant de ce qui se passe actuellement. Sauf...
Sauf Palpatine.
-Sénateurs, vous voici à un tournant de votre existence, fait l'Empereur. Réfléchissez bien et choisissez votre camp! Parce que le sénateur Andela a tenté un coup d'état dans mes bureaux et que je n'ai pas cédé, j'ai placé le 501ème régiment en état d'alerte au cas où il souhaitait recommencer. En ce moment, les clones sont en train d'arrêter ou de tuer tous les gardes qui encerclent le Sénat. L'ordre va reprendre la place qui était le sien avant cet incident.
Andela comprend trop tard. Il a cru être plus malin que Palpatine mais il est rusé et s'est douté que malgré toutes les menaces possibles, le coup d'état dans l'hémicycle était une possibilité. L'usine de clones est détruite mais ici, au Sénat, c'est un échec qui débute.
-Je vais faire arrêter chaque sénateur qui a rejoint Andela! Chaque personne qui a voulu me destituer va être jugé par le tribunal galactique pour haute trahison contre l'Empire! Vous avez tous voulu la vérité, la voici : je suis celui qui dirige ce monde et j'entends le diriger comme bon me semble! Je laisserais les petites questions anodines mais les points importants seront de mon fait uniquement. J'ai gravi tous les échelons pour parvenir à vous diriger et je continuerais à le faire d'une main de fer. Je ne laisserais personne se dresser contre moi impunément! J'ai fait briser les Séparatistes et les Jedis sans être inquiété un instant! Ne croyez que vous pouvez vous trouver dans ce Sénat et me faire trembler. J'écraserais le moindre politicien qui tentera de prendre ma place! J'ai assez de partisans pour infiltrer n'importe quel cercle politique et assez de soldats pour mettre à ma botte n'importe quel monde dans cette galaxie!
Les tirs se font plus rares dans les couloirs. Les gardes sont arrêtés les uns après les autres et les clones prennent place dans les points stratégiques qui leur offrent une vision parfaite de l'hémicycle. Les armes sont pointées dans toutes les directions. Le moindre geste peut être foudroyé par la mort en un instant.
Andela regarde partout pour chercher de l'aide et trouver de l'espoir. Il a échoué. Chaque partisan l'ayant soutenu s'est assis. Chaque politicien un tant soi peu ambitieux s'est tu. Chacun a retrouvé sa place. Il n'y a plus personne qui ose défier un empereur aux méthodes de voyou.
Une nacelle s'approche de celle d'Andela. A son bord, trois clones avec les blasters prêts à cracher leurs munitions vers le traître à l'Empire.
-Sénateur Andela, je vous fait arrêter pour tentative de coup d'état et haute trahison contre l'Empire! Vous attendrez votre procès dans les prisons du Sénat! Palpatine sourit et prend autant de plaisir que lors de son accession au pouvoir. Il ne vient pas d'éliminer un simple ennemi, mais tous les ennemis possibles au Sénat. Il a tenu bon, fermement, et son attitude de fer face au danger à fait plier toutes les volontés. Il a prouvé qu'il est un chef capable de mater les troubles en un clin d'oeil. S'il a effectivement les pouvoirs des Jedis et qu'il a déclenché la guerre, que pouvait Andela face à lui?
Le sénateur regarde ses collègues, balaie la salle du regard en sachant qu'il s'agit de la dernière fois qu'il vient ici. Son procès sera probablement une simple fiction fantôme destinée à faire croire à une démocratie écroulée sous les coups de l'Empire. Son sort sera peut-être même pire que la mort.
Il monte dans la nacelle des clones qui se dirige ensuite vers son emplacement où d'autres clones attendent pour escorter Andela jusqu'à son cachot. Le silence est quasiment religieux. Palpatine vient de marquer les ultimes points possibles à la longévité de son siège. Il a gagné son rôle d'Empereur à vie.
Mais il sent un malaise. Quelque chose de diffus qui l'obsède depuis un moment. Il sent Vador et il sent la Force qui décline autour de son apprenti.
L'usine de clonage est en mauvaise posture. Vador n'a pas réussi sa mission.

postée le 01-12-2012 23:52
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Chapitre 24

Les croiseurs impériaux repoussent presque trop facilement les vaisseaux Séparatistes qui sautent les uns après les autres. Bombardés de lasers provenant de tous les azimuts, les frégates ne résistent pas longtemps à un feu si nourri. Les défenses ont beau être puissantes et les blindages solides, aucun navire n'est invincible. Une frégate a même percuté un croiseur de la Fédération alors qu'elle essayait de se frayer un chemin pour mieux attaquer un Venator, tant l'espace est jonché d'épaves et de monceaux de débris dangereux.
Les droïdes-vautours qui restent encore en chasse tentent de faire du mal aux impériaux mais c'est un moustique s'en prenant à un éléphant. Le combat est si inégal que certains droïdes deviennent programmés pour devenir suicidaires en visant des cibles précises comme les ponts de commandement ou bien les soutes et hangars pour gêner au maximum les troupes impériales. Les ARC-170 et les V-Wings sont derrière chaque navette ennemie et une pluie de tirs les accompagne jusqu'à destruction. Au fur et à mesure du temps, les pertes deviennent si importantes pour les vaisseaux Séparatistes que les vaisseaux de la République vont devoir engager la lutte, une lutte qui sera inévitablement une défaite.
L'usine, exsangue et en flammes, croule sous les explosions. Par centaines, les droïdes de combat s'en éjectent après avoir détruit les incubateurs et les laboratoires de recherche. Le souhait de Palpatine est anéanti par de simples machines plus stupides les unes que les autres. Aidés par leur réacteur dorsal, chaque droïde prend la direction d'un croiseur impérial afin de porter le combat à bord mais sous un feu nourri, les pertes grandissent à chaque instant. Les rares droïdes parvenant à pénétrer les hangars des Venators sont vite abattus sans pouvoir faire de victime.
Vador déchaîne ses pouvoirs sur Obi-Wan. Chaque coup devient plus puissant. Chaque geste devient plus précis. Anakin a totalement disparu, remplacé par un monstre poussé par le côté obscur de la Force. Vador ressemble à une bête féroce cherchant à massacrer une proie. Kenobi résiste bien car il connaît les techniques de son ancien élève mais sa fureur est supérieure à celle du combat sur Mustafar. Malgré les blessures et malgré les prothèses, Vador semble plus puissant désormais alors qu'il n'est qu'un corps diminué et à peine rafistolé par quelques pièces mécaniques.
Le Sith pousse le Jedi, assaut après assaut. Le choc des des sabres qui se rencontrent est assourdissant et Vador porte chaque coup comme si c'était le dernier. La violence physique dont il fait preuve est à la hauteur de la haine qu'il éprouve pour son ancien maître. Si Vador ne touche pas le sabre adverse, le sien continue son mouvement et découpe des morceaux de mur ou de navette. Au loin, des clones regardent avec précaution que le Sith ne soit pas mis à mal par le Jedi. Il a exigé de faire ce combat seul et que le premier clone lui portant une éventuelle aide serait taillé en pièces. Ils ont fini de nettoyer le hangar du Venator et ont sécurisé le lieu. Aucun clone ennemi ne viendra aider le Jedi sans passer devant un important cordon de sécurité. Ils sont des dizaines à avoir pris pied dans le vaisseau et ils donneront leur vie pour tenir cette place.
Kenobi recule sous les coups de son ancien Padawan. Le hangar est grand, spacieux et il y a donc beaucoup d'espace pour se déplacer sans risquer d'être acculé. Mais le Jedi recule surtout pour mieux connaître la valeur de son ennemi car il n'a plus rien à voir avec le Sith de Mustafar. Epaulé par des jambes et des bras artificiels, Vador semble avoir gardé toute sa vigueur et probablement que sa rage décuple encore plus ses forces physiques et ses forces mécaniques.
Mais Vador, sans s'arrêter et sans montrer de signe de fatigue, ressent d'importantes douleurs. Ses membres tyrannisent son esprit et sa peau semble tomber en lambeau à l'intérieur de son armure. Il n'a pas été visité par un droïde médical depuis un bon moment maintenant et les soins manquent désormais. Vador continue ses attaques à la seule volonté de vouloir tuer Kenobi mais chaque mouvement est une torture. Chaque frisson est une peine. Chaque pli de peau ou de muscle est un souvenir douloureux de Mustafar. Vador croit sentir son corps se décomposer. Sa peau encore brûlée sent le charbon et le souffre, écoeurant le Sith jusqu'à la nausée.
Mais la haine est plus forte que la douleur. Vador ne frémit pas en sentant son corps le torturer car chaque once de douleur est pour lui la conséquence de tout ce qui s'est passé depuis la purge et la fin de l'Ordre Jedi. Depuis qu'il est Sith, son avenir est aussi glorieux qu'il est d'une effroyable tristesse. Il a perdu sa femme et l'enfant qu'elle tenait dans son ventre. Son ancien maître et mentor l'a découpé puis laissé pour mort sur la rive d'un fleuve de feu au point que son corps est devenu une plaie dont la guérison prendra si longtemps qu'y penser donne le vertige. La haine et les mauvais sentiments nourrissent un Sith.
Rarement Sith aura été si rassasié!
Obi-Wan esquive chaque coup quand il le peut et contre ceux qui peuvent le toucher. Il observe ce masque qui dissimule un visage certainement tuméfié, défiguré par les flammes et dont le regard est aussi dur que le coeur qui l'active. Rien ne semble avoir changé négativement chez Vador. Il semble plus puissant, à l'aise physiquement et sa volonté est intacte. Un ennemi bien plus costaud qu'il y a peu.
Il y a aussi tous ces clones observant le combat tout en gardant une certaine distance pour ne pas être une entrave. Comment se débarrasser de Vador tout en échappant aux clones? Obi-Wan fait un bond en arrière pour se retrouver sur le toit d'un Juggernaut, aussitôt suivi par son ancien Padawan, capable de sauter de grandes distances comme par le passé où il était plus humain que cyborg.
-Tu n'as rien perdu de tes capacités. Je ne pensais te trouver en aussi bonne forme après le sort que tu as connu sur Mustafar.
-M'avoir abandonné a nourri mon esprit de revanche et de haine. J'ai beau être reconstruit, je n'en suis pas moins toujours capable de vous battre de mes propres mains. Le sabre de Vador s'abat sur les antennes radio du Juggernaut et les coupe sans difficulté. Elles tombent et roulent jusqu'au sol du hangar dans un fracas aigu. Obi-Wan tente d'éviter le maximum de coups portés par Vador. Juste pour trouver une faille. Et il ne semble pas y en avoir. Sur Mustafar, le Jedi luttait pour sa vie mais connaissait toutes les techniques de son ancien Padawan. Dans ce vaisseau, Vador semble propulsé par une énergie décuplée par un nouveau savoir. Ses coups deviennent plus difficiles à prévoir et à contrer.
Le vaisseau s'ébranle et des explosions secouent le hangar. La coque est arrachée par endroit et l'air s'échappe par des trous devenant parfois béant. Des clones voient leur casque s'envoler et être gobé par le vide spatial. Obi-Wan plante son sabre dans la coque du Juggernaut pour résister au vent emmenant tout sur son passage mais la lame ne reste en place et est traînée, découpant la paroi du blindé. Obi-Wan devient soucieux car Vador semble inébranlable et approche doucement mais sûrement, le sabre à la main, aidé par le côté obscur. Cette force le maintient droit et le vent ne semble pas avoir d'emprise, sauf sur sa cape qui fulmine presque par orgueil.
Le Jedi actionne son comlink au poignet et contacte Glarten, toujours sur le pont, prêt à mourir avec son Venator.
-Où êtes-vous, Kenobi?
-Dans le hangar! Le bruit du vent couvre presque la voix d'Obi-Wan. Il y a des brèches dans la coque. Ne pouvez-vous pas les bloquer?
-Impossible, fait le Moff, nos circuits sont détraqués par les assauts que nous subissons. Le hangar sera bientôt vidé de son air. Je vous conseille de trouver un transport rapidement pour vous enfuir. Il y a les capsules de sauvetage qui sont encore disponibles si aucune navette n'est dans les parages.
Obi-Wan fait un rapide tour du coin de l'oeil pour observer le hangar. Des unités terrestres un peu partout. Des Cannonières impériales bien gardées. Des chasseurs Jedis à portée dont l'un découpé par Vador. Puis Vador entre ces vaisseaux et le Jedi.
Le vent redouble de violence. Bientôt, le Sith sera à portée de sabre pour porter un coup fatal à Obi-Wan qui se tient à la vie grâce à son arme plantée dans le blindage du Juggernaut et qui le retient mollement. Le seul moyen d'aller jusqu'à un vaisseau, c'est en éliminant Vador. Aucun moyen de le contourner, il faut l'affronter.
Obi-Wan redresse les yeux et se met debout tout en délogeant son sabre de la carlingue du blindé. Il devient attiré inexorablement par le vide et avance rapidement vers Vador. Trop rapidement même. Le Sith n'a pas le temps de prévoir l'arrivée du Jedi qui se précipite sur lui, sabre tendu pour l'attaque. Vador même son sabre en défense, face à son torse pour parer une attaque mais Obi-Wan ne cherche pas le coup mortel qui le débarrassera de son adversaire mais au moins l'affaiblir temporairement pour pouvoir se rendre là où il le souhaite.
Le Jedi brandit son sabre et fait ce qui est le plus simple. Plutôt que de tuer Vador ce qui est trop compliqué vu la situation, il doit le blesser suffisamment pour passer. Alors il tranche. Son bras s'abat avec force sur le poignet droit de Vador et sectionne la main qui s'envole vers le plafond du hangar, emportant également le sabre du Sith. Devant son ancien élève, Obi-Wan concentre la Force et propulse Vador au loin, écrasant son plastron et donc ses équipements de survie. Le Sith décolle comme un missile et va s'écraser contre une poutrelle non loin où il peut s'agripper de la main gauche en hurlant sa haine contre son ancien maître mais il y a trop de bruit et Obi-Wan n'entend rien.
Entre deux hurlements, Vador est averti un une alarme que son armure est en mauvais état et donc que sa survie est engagée.
-Officier, envoyez deux hommes me chercher. Préparez une Cannonière pour me ramener à mon vaisseau.
-Bien, Monseigneur. Le commandant clone fait un geste à deux soldats qui se tiennent par des filins au sol pour qu'ils récupèrent le Sith. Avec des câbles, ils s'arriment près de Vador et se laissent guider par le courant aérien violent en ramènent à eux les câbles pour avancer. Une fois arrivés près du Sith, ils voient Obi-Wan avancer laborieusement au sol vers les navettes en s'accrochant à tout ce qui est solide. Parfois, il s'aide avec sabre pour avancer en s'en servant comme d'un piton.
Quelques clones tentent de le stopper mais leurs tirs ne sont pas précis. Ballottés par le courant, ils tiennent en l'air et sont remués dans tous les sens, rendant un tir efficace impossible.
Arrivés près de Vador, les deux clones tentent d'éliminer le Jedi mais Vador baisse leurs armes d'un geste du bras.
-Ramenez-moi au vaisseau rapidement. Si Kenobi parvient à quitter ce navire, qu'il soit poursuivi jusqu'à ce que sa mort soit effective.
Le clone opine et accroche un câble à la ceinture du Sith. D'autres clones viennent au secours du Seigneur Noir et le ramènent lentement à la Cannonière tandis qu'Obi-Wan parvient à une navette intacte. Il rentre dans le cockpit tandis qu'une nouvelle série d'explosions embrase le hangar, brûlant plusieurs clones. Les flammes lèchent le chasseur Jedi mais Obi-Wan ne craint plus les éléments désormais. Il enclenche les moteurs et décolle tout en ayant un regard de tristesse vers la Cannonière. Son ancien ami est là et il faudrait probablement peu pour le convaincre de se retourner contre son maître, même s'il est trop tard pour le ramener à la raison tout court.
La navette d'Obi-Wan quitte le Venator, suivie de peu par la Cannonière qui prend la direction du Venator de Tarkin.
-Croiseur Pacification, ici la navette du Seigneur Vador. Nous le ramenons blessé et il faut prévoir un droïde médical dès notre arrivée.
-Navette, ici le croiseur Pacification, nous attendons votre arrivée pour ouvrir les portes du hangar latéral gauche. Faites attention aux tirs des forces ennemies discrètes qui sont encore dans la région.
-Le Seigneur Vador vous demande de faire suivre la navette jedi qui vient de quitter le Venator où nous étions. Un Jedi renégat s'y trouve et sa capture est une priorité.
-Vador, ici Tarkin. Toutes nos forces sont engagées contre les troupes ennemies. Notre priorité est la destruction de cette flotte qui menace Palpatine et l'Empire. Nous calculerons toutes ses destinations possibles et nous enverrons les chasseurs de prime se charger de lui.
-Gouverneur! Je vous demande de...
-Monsieur, il faut garder votre énergie, vos batteries sont endommagées. Si vous bougez trop ou faites trop d'efforts, vous vous mettez en danger. Le clone temporise le Sith qui se lève au prix de considérables douleurs.
Trop affaibli et tiraillé par la douleur, Vador abdique. il se range à l'avis du clone et de Tarkin. il regarde au loin la navette d'Obi-Wan qui file dans le vide, loin de cette bataille où il n'y a eu ni vainqueur ni vaincu. Les renégats sont vaincus mais ils ont détruits une usine de clones. Toutes ces efforts pour une simple usine.
Une simple usine?
Obi-Wan a posé les germes du doute dans l'esprit de Vador. Pourquoi monter une telle force militaire pour une usine de clones alors qu'il y a des millions de clones dans la galaxie? Pourquoi ne pas choisir une autre cible plus significative? Pourquoi ne pas attaquer le Sénat ou tenter de tuer Palpatine directement?
Cette usine devait avoir une grande importance. Il ne devait pas y avoir que de simples clones.
Obi-Wan a parlé de cellules de jedis. La voie du jedi est la justice. La voie du Sith est le pouvoir à tout prix, par la force ou le mensonge. Palpatine a probablement déjà menti à Anakin pour le séduire et peut-être à Vador également pour mieux le faire obéir.
Peut-être qu'Obi-Wan a raison.

postée le 01-12-2012 06:39
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Chapitre 23

La nacelle de l'empereur monte du fond des entrailles du Sénat, lentement et le calme s'installe dans l'hémicycle. Le brouhaha laisse place à un silence quasiment religieux en attendant que Mas Amedda ouvre la séance, comme d'habitude. Les derniers sénateurs gagnent leur place tranquillement pendant qu'Andela ronge son frein. Tout est en place pour tenter de dégager Palpatine de ce siège injustement occupé et qui est le centre de nombreuses convoitises. Mais l'Empereur s'étant débrouillé pour faire passer la République à un Empire dictatorial, obtenir un tel poste est désormais impossible.
Hormis par un coup d'état.
Andela n'est pas stupide, il n'a pas oublié ce qui s'est passé dans le bureau. Il sait que sa vie ne tient qu'à un fil désormais et Palpatine saura couper ce fil quand il le désirera, à son gré. Andela se sait abandonné par tous ses alliés. Ils tremblaient comme des feuilles devant Palpatine et il faudrait un soulèvement d'une ampleur bien plus importante pour qu'ils retrouvent une certaine superbe capable de rivaliser avec la puissance de l'empereur. Le Sénat n'est qu'une pièce remplie de parvenus et de gens ne visant que leur propre intérêt. Un monde où seule la réussite personnelle apporte une certaine crédibilité. Peu importe que les univers que vous dirigez s'effondrent, que les peuples meurent de faim tant que vous parvenez à remplir vos fonctions et à vous maintenir en place car ce succès efface tous les tourments qui sont censés guider votre fonction.
Pour la première fois depuis très longtemps, le sénateur Andela se sent propulsé non pas par ses propres ambitions mais par son devoir. Celui de sa fonction parce que son peuple lui fait confiance. Parce son peuple lui a demandé de choisir au mieux ses intérêts et qu'actuellement, évincer Palpatine du pouvoir est la meilleure chose à faire pour l'ensemble des peuples de la galaxie. La peur du futur qui risque d'être bref pousse Andela intérieurement. Il se sent en mission. Son ambition n'est plus son moteur car il sait qu'il a peu de chances de réussir là où l'ensemble des Jedis ont échoué. Si la force brute n'a pas
pu faire vaciller le Sith, que peut un petit sénateur d'un monde que si peu de gens pourraient placer sur une carte qu'il en est insignifiant politiquement? Pour faire descendre Palpatine de son poste, il faudrait plus qu'un monde si anodin et son représentant dont le poids politique est un moucheron dans une arène de fauves.
Malgré tout, il faut tenter sa chance, crânement. Kenobi est sorti de l'ombre pour appuyer ce mouvement alors que les Jedis sont poursuivis pour trahison dans toute la galaxie. Il a risqué la mort à chaque instant et peut-être qu'il est mort à cet instant même. Alors il faut bien aller au bout de ce que l'on veut et Andela est arrivé à ce point.
-La séance est ouverte, dit Palpatine. La parole est donnée au représentant de la Fédération du Commerce. La nacelle s'avance doucement jusqu'à flotter à un point où chaque sénateur peut l'apercevoir.
-Chers sénateurs, membres du Sénat Galactique, je m'avance...
-Mes amis, dit Andela. Voici un tournant dans la vie de cet univers! Le sénateur a propulsé sa nacelle et s'est imposé pour qu'on l'entende du mieux possible. Il a désormais toute l'attention du Sénat.
-Vous n'avez pas la parole, fait Mas Amedda. Veuillez regagner votre place et attendre d'être convié au débat.
-Il est temps que vous sachiez ce qui se passe en coulisses, lâche Andela. Palpatine, qui s'est auto-proclamé empereur, cache bien des secrets qui lui ont permis d'accéder là où il est. Des secrets dont le poids est si lourd qu'il est insupportable de le voir trôner notre assemblée et diriger la galaxie.
-Le sénateur Andela a une imagination certainement bien fertile, confie Palpatine, amusé. Je n'ai jamais usé de mensonges pour parvenir à ma fonction. Je n'ai pas eu besoin d'écraser les autres pour me hisser politiquement!
-Le Chancelier a déclenché la guerre, mes amis, uniquement dans le but avoué de servir son propre intérêt. Il a tout orchestré en coulisses, à l'abri des regards indiscrets et personne ne devait savoir ce qui se tramait. Il a fait exterminer les Jedis car il en est un lui-même et leur présence était dangereuse pour lui. Le bruit devient considérable dans l'hémicycle, chaque personne donnant son commentaire ou son viva à Andela. Conspué ou encouragé, le sénateur est le centre du monde à cet instant. Tout le monde a un avis sur lui
-Je demande la suspension de la séance, dit Mas Amedda. Gardes, veuillez faire évacuer la salle et conduire le sénateur Andela dans ses appartements. Andela fait un geste du bras et des bruits de blasters retentissent dans les couloirs du Sénat.
L'incompréhension règne et les sénateurs se regardent, sans comprendre ce qui arrive. Des combats dans le Sénat! Même pendant la guerre, rien de tel ne s'est produit, même pendant l'invasion de Grievous pour enlever Palpatine.
Les tirs cessent rapidement et dans de nombreuses loges apparaissent des soldats de systèmes soutenant Andela. Ce simple geste du bras a suffi à faire plonger tous les autres sénateurs avec celui qui tente de s'interposer contre Palpatine. Il n'y a plus d'issue paisible désormais. L'Empereur ne sera jamais clément si le coup d'état ne fonctionne pas. Rester dans l'ombre était une solution pour se faire oublier en priant que Palpatine ait la mémoire courte. Mais Andela a tranché. Il n'y a plus que deux solutions : la chute d'un despote ou bien les pires moments pour les mutins.

postée le 29-11-2012 16:29
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